Poésie du temps de la vertu perdue

Publié le 17 Juin 2017

Au temps de la pornographie, instant mécanique d’insoumission, j’ai envie de remettre de l’humain parmi les corps.

Au moment de la masturbation, lorsque mon sexe éprouve l’exponentielle ascension de sa densité j’ai envie de remettre des mots.

Je veux glisser de la littérature dans ta culotte comme j’asperge ton crâne de la langue qui naît sous l’effet de mes doigts d’or.

Entre les vits et les cons huileux d’amour, dans le fourreau étroit de ta chair et de tes dessous de soie de chine, j’irai jeter les cris en cadeaux.

Ici bas j’écris comme le médium, comme le mortel qui bande, et d’un geste souverain je tance le désir de ne pas m’offrir de fleurs dénudées.

Les corbeaux ne chantent plus et les pies sont rassasiées de dorures dérobées, ne reste que la pulsion de ma nymphe romantique.

Elle a grandie en larve, couvée par les entrailles de la terre boueuse et voilà qu’enfin elle cristallise sa chrysalide démodée.

De la poésie mon cul ! De la baise pas plus. Sort enfin de là ma muse dérobée, nue sans culotte ni car c’est bien plus pratique.

Alors tu pourras danser, écouter les constellations guider l’éros de tes sens vers la vibration harmonique de mon sexe corrodé.

C’est le temps et l’usure d’une marque atmosphérique, c’est l’absence, c’est le manque d’une pulsion qui charrie un plaisir mémorable.

Dans les hauteurs remarquables des cheminées de briques des hauts fourneaux ouvriers se forgent la fougue cramoisie de mes amours érodés.

Sous le diaphragme carnivore des mes besoins impériaux je vois que des frelons asiatiques frôlent dangereusement ta peau de poupée adorable.

Et quand viendra la fin et qu’il faudra conclure, je sortirai mon sexe dans le panache gargantuesque d’une solitude mise à nue.

Et j’offrirai aux mondes, ainsi qu’aux quatre vents, l’aspect de ma personne qui ne s’encombre pas du poids de ma vertu.  

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #érotisme, #Sexualité

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