Poésie du soir

Publié le 10 Mai 2017

Tu croise sous l’hiver d’un document vierge déployé les traces dans la neige d’une jouvencelle désarmée.

Dès les premiers mots revient dans le vent la prière à la vierge, cette pucelle de papier qui hante mes enveloppes comme des enfants morts nés.

Est-ce la marque de l’auteur de toujours invoquer ses figures dévoyées, ces ombres chamarrées ancrées aux bittes cadenassées.

J’ai outragé ta lettre lorsqu’elle m’est parvenue, je l’ai ouverte, je l’ai lu puis cachée dans l’armoire sous un tas de linge oppressé.

Le juge à chaviré en voyant ton visage surpris et saisi par l’élan de son chibre balancé il a juté entre tes yeux avant de basculer.

Tu croyais tailler la justice en pièce en te glissant sous la robe noire d’un magistrat de province oubliant d’eux qu’ils sont des enculés.  

Ma princesse dépassée ton hymen composté ne manque qu’à ta mère, et peut-être à ton père, ne pleur pas pour ces abominables.

Seule une rivière diamantaire pourra recomposer ton plafond de verre et les vicaires tortueux de ton alambique abdominale.

Un jour je reviendrais vers toi comme le client s’en retourne vers sa catin désabusée dans l’espoir sinistre et secret d’enfin l’épouser.

Tu feras d’un geste la détresse et le drame, battement cils final pour couler au pilori le pantin désarticulé de ma silhouette explosée.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie, #érotisme

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article