J’ai tellement de choses à plagier

Publié le 17 Mai 2017

J’ai tellement de choses à plagier. De toute façon tout à déjà été plagié par tout et tout le monde, vingt-six lettres quelques milliards de vies, le reste est une équation mathématique de la répétition. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout est médiatique. Moi-même je suis le média de ma bouche, elle-même média de mes idées, elles-mêmes médiatrices de ma décadence. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Est-ce de la poésie ? Est-ce que je suis le faussaire d’un autre qui fût un fake qui affirmait qu’il était le beau, le seul et l’unique exemplaire de son espèce ?

Espèce de con. Oui, l’être humain est une espèce de con, un peu plus haut que l’animal et que le végétal sur l’échelle ouverte de la bête et de la reproduction. De toute manière c’est déjà écrit dans la bible, qu’est ce que je disais ? Je ne suis bon qu’à plagier. Le mâle est un plagiat assumé de dieu, c’est l’auteur lui-même qui prétend avoir tout pompé sur lui-même, quand à la femelle elle n’est qu’une copie bâtarde du mâle, une resucée réchauffée par le même auteur sans inspiration. La femelle c’est le plagiat travesti de dieu, et sans extrapoler, où à peine, la femelle est le plagiat des nuits de débauche où dieu se travesti et se bourre la gueule à ne plus finir d’en rire, de s’en rouler parterre à s’en briser les os.

Tout était déjà là avant moi, les mots, les modèles, les hommes de qui s’inspirer pour plaire à ces mêmes femmes qui étaient déjà séduites par ces mêmes ficelles littéraires. Et pour ne pas choquer la bonne conscience des muses et des farfelus qui prétendent connaître l’inspiration et puiser dans le néant la nouveauté prétendue de leurs mots liquéfiés par la hantise d’ignorer leur redondance dans l’ensemble du paysage lettré je vais reformuler la chose. Ceci n’est pas du plagiat, c’est une tradition, un folklore voyez vous bandes de cons. On s’inscrit dans un folklore et on s’inscrit dans une tradition avec complaisance mais confort. D’accord, si toutes cette inspiration mécanique de la reproductibilité des mots d’autrui n’est pas un plagiat mais un hommage qui s’inscrit dans une tradition ancestrale alors peut-être que vos consciences l’acceptent avec plus de déférence, mais moins de dignité.

Je sais bien que je suis comme les roses, vendues à la tonne dans les marchés aux fleurs. Je suis comme ça, récolté sur le terreau puis calibrée et mis sous plastique ou sous le verre de vos écrans. Puis étiqueté. N’allez pas croire que c’est une plainte, c’est un constat assumé et je préfère dignement poursuivre un plagiat qui pourrait me tirer vers le haut si je m’assure de plagier l’inspiration d’auteurs plus haut que moi dans l’estime subjective que j’échafaude du monde, plutôt glisser vers la médiocrité solitaire et imbécile de ceux qu’ignorent qu’ils ne sont que des facsimilés assimilé par le système et la tradition depuis tellement longtemps qu’ils ne sont même plus capables d’envisager qu’il ai pu en être autrement.  

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

La logique est respectée, je plagie cette illustration sous l'égide d'une autre Brigitte

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Je est un Blog, #Plagiat

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