Débat du second tour / débriefe / j’emmerde les titres d’articles

Publié le 4 Mai 2017

Je crois que la médiocrité du débat d’hier soir en dit beaucoup sur la pauvreté politique qui anime notre France. Je n’ai jamais cru que Marine Le Pen avait une stature présidentielle mais je ne pensais pas qu’elle dévoilerait sur scène une pareille indigence lors de cet échange télévisé avec Emmanuel Macron. Le spectacle donné aux électeurs était ridicule, pathétique et risible. Et je commence à croire que je suis réellement naïf parce que je n’imaginais pas que ce débat serait si pauvre surtout du côté de la candidate du Front National. Je suis pourtant convaincu que cela fait des années que Marine Le Pen espère et attend ce moment où elle serait au second tour. Alors, comme la fourmi demande à la cigale ce qu’elle faisait cet été, je me demande ce que faisait Marine Le Pen durant tout ce temps où elle convoitait le fauteuil du président … N’avait elle pas le temps de préparer ces arguments, d’affûter ses convictions, de travailler sa rhétorique ?

Les doutes qui m’animaient sur la nature de mon vote pour le second tour étaient alimentés, en parti, par la probabilité que Marine Le Pen puisse être élue. Mais après ce débat il me parait impossible qu’elle parvienne à rafler la majorité des électeurs de France. Je suis convaincu que nous vivons dans un pays où les cons sont nombreux, mais je suis aussi un optimiste convaincu que le bon sens l’emporte toujours à la fin. Marine Le Pen aurait eu une chance de l’emporter si elle avait été en mesure de faire illusion et de laisser penser aux électeurs qu’au-delà de ses idéaux nationaux sur lesquels elle est censée être en contrôle, elle pouvait faire preuve de contenu et de contenance. Mais le débat d’hier à révélé la triste inanité du bon sens et de la capacité de réflexion de Marine Le Pen.

J’ai à un moment de cette élection réellement cru qu’elle pouvait l’emporter même si elle n’était pas sortie de sa zone de confort. Je pensais que si elle avait su, avec une force de conviction, présenter le modèle de société auquel elle croit et aspire, à des électeurs qui auraient pu se retrouver dedans elle aurait peut-être pu arracher la majorité des voix. Au lieu de cela elle a sciée, sciemment ou pas je ne sais pas, la branche où elle était assise préférant singer des pitreries hystériques que de tenter un acte politique. C’était pathétique. Je suis rassuré. Et à quelques jours du vote le sens de ma voix s’affine plus librement. C’était peut-être le but du Front National me direz vous, se montrer tellement pathétique que les électeurs indécis comme je peux l’être ne verront plus en eux une menace et se permettrons de voter blanc. Si tel est la démarche du FN je devrais lui reconnaître une certaine audace machiavélique.

En face de la prestation ubuesque et burlesque de Marine Le Pen, le petit enfant sage, premier de classe, a eu du mal à enflammer de convictions le cœur du débat. Mais en avait-il besoin ? Sur le fond je le savais au point, même si je ne partage pas ses convictions libérales je reconnais volontiers qu’il est cohérent et qu’il maîtrise le sujet économique. D’ailleurs avec une pointe de cynisme nous pourrions penser que dans un monde contrôlé par la finance c’est judicieux d’élire un homme ayant connaissance des enjeux ce milieu à la tête de l’état mais ce n’est pas la question. Mais lui non plus ne m’est pas apparu comme un fin stratège politique. Je ne parle pas de son programme mais de sa posture face à son adversaire. Il avait à n’en point douter les moyens d’humilier Marine Le Pen (avant qu’elle le fasse elle-même) et l’écrasant avec la cohérence de son programme. Il aurait pu, sans l’humilier poursuivre le spectacle en s’adressant à la France, aux électeurs, aux indécis, au peuple, mais à longueur d’échange j’ai eu la sensation qu’Emmanuel Macron se contenter de s’adresser à une seule personne, son adversaire. Le peuple, les téléspectateurs, les électeurs n’étaient là qu’en spectateurs anonymes et inexistant. Il n’a pas selon moi montrer la stature d’un grand homme politique, il ne sera peut-être pas un mauvais gestionnaire de la France mais ne me demandez pas de voir en lui un grand homme. Il a si facilement cédé aux invectives, à la médiocrité et la petitesse formelle du débat. Il n’a pas eu la trempe ou la carrure pour élever à lui seul le débat se retranchant derrière l’inertie crasse de son adversaire du soir.

Je crois que c’est là qu’il faut rendre hommage à Marine Le Pen, c’est que hier soir elle a été bonne, bonne à une chose, à mettre en valeur un Emmanuel Macron toujours très lisse. Sans adversité politique, sans opposition idéologique, son programme est nécessairement apparu comme crédible et solide. Mais ce n’était pas compliqué vu qu’il n’y a pas eu de proposition alternative en face. Et dans ce débat du second tour s’il y a un gagnant, je crois que c’est François Holland qui n’a jamais vu le bilan de son quinquennat discuté, attaqué, valorisé ou discuté. Il sort peut-être par la petite porte, mais il sort de la scène sans avoir eu à patauger dans la fange idiomatique qu’à été le débat d’hier soir.

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

à l'époque ils n'avait pas la couleur mais ils avait le sens de la punchine

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Je est un Blog, #Chronique chaotidienne

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