Chiner sa bibliothèque - saison 02 - épisode 09 – La poésie sauvage des éditions limitées

Publié le 12 Mai 2017

Chiner est une errance de fin de semaine, à l’aube se promener sans but et découvrir sur le chemin du hasard des objets et des choses qui parlent. Mais une fois revenu au reste de la semaine chiner nécessite de l’organisation, surtout lorsque l’on partage deux passions : chiner et bloguer. Il y a chez moi des bibliothèques éphémères, des étagères conditionnées à recevoir les ouvrages de passages, ceux qui reviennent des vide-greniers et qui attendent d’être nettoyé puis chroniquer dans la série d’article que je déroule ici chiner sa bibliothèque avant de rejoindre leur destination principale, la bibliothèque chinée des livres qui restent. Au grès des articles que j’écris et ceux que je n’écris pas, au grès de mes trouvailles et des choses que je vois comme des trésors les bibliothèques éphémères se remplissent, se gorgent puis se vide avant de se reremplir comme sous l’effet d’un ressac invisible.

Je n’ai eu qu’à me pencher sur l’étagère en question pour attraper quelques livres dont certains contiennent de la poésie. Je trouve que j’ai chroniqué beaucoup de science-fiction en ce début de saison et assez peu de poèmes. Mais je ne vais pas m’attarder sur deux des ouvrages attrapés parce que ce sont des livres que j’ai déjà chiné et dont j’ai déjà chroniqué l’entrée dans les pages précédentes de ce blog. Le premier c’est un nouvel exemplaire des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. C’est la neuvième édition que je chine pour ma collection idiote mais ça doit être mon dixième item si je compte l’édition que je possédé avant d’avoir cette drôle de lubie. Parce que oui, collectionner Les fleurs du mal c’est idiot, un seul recueil contient déjà tout et les recueils que j’ajoute à cette collection ne sont ni rare ni rien, mais j’aime bien rentrer de chine avec un exemplaire et puis ça me rassure quand au fait que beaucoup de gens ont eu Baudelaire chez eux. C’est une édition de 1993 achetée dix Francs à Super U et qui est comme neuve. Depuis ces années personne n’a dû se pencher dessus.

Le second ouvrage que je possédais déjà c’est Alcools d’Apollinaire une édition de 1967 chez Poésie/Gallimard en très bon état pour son âge. C’est déjà plus rare de croiser Apollinaire en vide-grenier et je l’ai pris pour cela, en me disant aussi que ça ferait sûrement un joli cadeau à un amateur de poésie.

Ensuite vient un ouvrage qui n’est pas de la poésie puisque c’est Atala-René de Chateaubriand. Le problème si ça en est un, c’est que Chateaubriand étant un écrivain romantique et porteur du goût de l’exotisme j’ai tendance à penser que c’est un poète. Je pourrais tricher et regarder dans Wikipédia ce que je pourrais dire sur ce roman, mais je ne vais pas le faire et vu que je ne l’ai pas lu, je ne vais rien en dire, à part peut-être qu’il est lui aussi comme neuf même si c’est une édition qui date de 1964.

Le dernier livre dont je vais vous parler ici est un petit livre de poésie contenant les poèmes d’Ida Jaroschek et dont les illustrations sont des reproductions des peintures de Catherine Bergerot-Jones. Le livre se nome L’espace d’un souffle – automne –, les poèmes y sont courts comme des haïkus bien qu’ils n’en respectent pas la syllabique drastique (5-7-5). Pourquoi achetés un livre dont je ne connais rien ? Déjà parce ce que c’est le luxe et la chance qu’offrent les vide-greniers, découvrir des objets inattendus. Ensuite parce que ce livre d’abord est un exemplaire numéroté et signé par l’auteur et l’artiste. Qu’importe de connaître l’auteure et l’illustratrice avant de leurs ses vers et regarder ses peintures, l’objet est déjà beau, il porte de la poésie, il est de la poésie avec se couverture nouée par un ruban blanc, couverture en papier épais dont le grain caresse la pulpe des doigts il invite à voyager. J’ai découvert dans ces pages une poésie concise qui vise juste, et qui dans on économie de mot laisse une grand place à l’évocation et à la sensation. C’est une belle découverte. L’ouvrage date de 2009, et assez logiquement pour un ouvrage chiné, l’auteure est de la région. C’est une belle pièce à entrer dans la bibliothèque chinée, et je ne regrette pas d’avoir mis un prix un peu plus élevé que d’habitude.

Pour ces quatre ouvrages j’ai dépensé 6 euros, mais la plus grosse partie de la somme a été pour L’espace d’un souffle édition numéroté payée 5 euros, je vous laisse calculer à combien me sont revenus les autres.

ça grimpe à 21,90 euros dépensés cette saison de vide-grenier
ça grimpe à 21,90 euros dépensés cette saison de vide-grenier

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