Chiner sa bibliothèque - saison 02 - épisode 08 – La nostalgie du cyberespace nourrit mes films de science-fiction affichés sous couverture

Publié le 9 Mai 2017

Il y a deux choses qui me plaisent dans l’idée de rédiger ce minuscule article qui chronique l’entrée de deux livres dans ma bibliothèque chinée. La première c’est l’obsession délicate qui anime avec plus ou moins d’ampleur le chineur c’est le fait de collecter des objets en étant motivé par le plaisir de pouvoir les associer dans une trame générale qui fait ressembler la collecte à une forme de collection. Ici par exemple chiner les livres de William Gibson pour petit à petit réunir la collection complète de ses œuvres publiées. Chiner un objet, ou chiner un livre c’est la même chose, et savoir que l’on va pouvoir l’intégrer à une trame que l’on a identifié de manière totalement arbitraire et subjective est un plaisir en soi. Compléter la collection des ouvrages d’un auteur que l’on aime, et c’est le cas avec William Gibson c’est logique et ça peut sembler naturel. Mais par exemple collecter et réunir des livres de poches dont l’histoire a été portée au cinéma dans un blockbuster de science-fiction et dont la couverture reprend justement l’imagerie de l’affiche ou du film ça peut déjà sembler mon instinctif mais ça forme pour moi une de ces trames qui donne un sens arbitraire et subjectif qui alimente mon plaisir lorsque je vais chiner. C’est pour cela que j’ai chiné La planète des singes de Pierre Boulle avec sur la couverture l’illustration des singes évidement et de Charlton Heston. Dans une temporalité plus récente c’est pour la même raison, et pour l’unique raison parce que je n’imagine pas un intérêt littéraire à l’objet, que j’ai chiné Men In Black, un roman de Steve Perry d’après d’une histoire et un scénario de Ed Solomon le scénariste du film éponyme. Ces livres vont rejoindre ma bibliothèque dans le but de caresser dans le sens de la trame le goût de la collecte organisé.

Il reste un ouvrage chiné dans le même sens mais qui peut sembler hors sujet parce qu’il n’est pas inspiré par un film de science-fiction à succès ou à budget. C’est Diablo, la loi du sang de Richard A. Kmaak un livre inspiré d’un jeu vidéo à succès, voir un jeu vidéo totalement culte. Celui-ci va rejoindre les livres inspirés de films de SF mais en même temps je l’ai pris parce que je suis vraiment très intrigué de voir comment un jeu vidéo dont le succès repose sur l’action débridée peut être retranscrit en littérature. Bien sûr il y a un scénario dans Diablo mais on y jouait et on y joue surtout pour le plaisir viscérale du gameplay de ce hack’n slash qui est le père de tous les hack’n slash qui sont venus après lui.

L’autre idée qui me plait dans la perspective de cet article tient à Wiliam Gibson et à la dose de nostalgie au le sens le plus noble qu’il est possible de trouver en elle qui est lié à l’évocation de son nom. La nostalgie est un sentiment incertain parce qu’il a tendance à toujours glorifier les éléments auxquelles elle s’adosse sans se soucier de la qualité intrinsèque de l’élément en question. Lorsque la nostalgie nous conduit à renouer avec un auteur de qualité il y a une part de chance mais il ne faut surtout pas la bouder. Pendant longtemps pour moi William Gibson n’a été personne, même pas un nom connu, j’étais dans la parfaite ignorance de son existence et de son œuvre. C’est par l’entremise du jeu de rôle que j’ai découverts son œuvre et par extension son existence. Difficile de ne pas faire référence à l’écrivain qui a le premier incarné le cyberpunk lorsque l’on parle du jeu de rôle Cyberpunk … J’aurais pu aimer l’auteur en apprenant qu’il avait été un enfant ayant des difficultés à s’intégrer à la vie telle qu’elle lui était présenté, j’aurais pu aussi l’apprécier parce qu’il a fait de l’expérience de ce sentiment de rejet et de décalage vis-à-vis de la société une force d’écriture transcendant un ressenti tour à tour cynique ou nihiliste et en voyant dans son expérience une posture similaire à la mienne mais ce n’est pas le cas. J’aurais même pu vous dire que j’ai aimé l’auteur parce qu’à un moment de sa vie il a vécu de la chine et que ça me fait sourire mais ce n’est pas non plus le cas. J’ai connu cet auteur du temps d’avant le cyberespace (terme dont il est le créateur) du coup je ne connaissais de lui que le contenu de ses histoires. J’ai donc aimé ses histoires, et là aussi c’est un mensonge. J’ai donc aimé son histoire, celle que j’avais lue, le Neuromancien. Ce que j’ai vraiment aimé de lui, ce pour quoi je remercie la nostalgie de me reconduire à lui, c’est l’impact qu’il a eu sur la culture de l’imaginaire, en quelque sorte c’est son héritage imaginatif. William Gibson a été la figure de prou du mouvement cyberpunk née dans les années 80. Ce genre dystopique, technologique, social et punk qui a nourri par la suite tellement de films, de jeux vidéo, de jeux de rôle, de romans est totalement en phase avec la nature de mon imaginaire, ou réciproquement d’ailleurs …

Je me suis beaucoup nourri et inspiré du cyberpunk en général, et lorsque je projette mon esprit dans de l’imaginaire c’est toujours là qu’il se retrouve en premier lieu. Mais pourtant je n’avais jusqu’à présent lu que le Neuromancien. La saison dernière j’avais eu la chance de chiner pour 50 centimes je crois le recueil de nouvelles Gravé sur chrome. Mais ça ne faisait qu’un seul ouvrage dans chiné pour ma bibliothèque. Bien sûr William Gibson n’est pas un auteur très prolifique et le cœur de son œuvre tient dans deux trilogies, la première étant la trilogie de la Conurb ou Sprawl Trilogy en VO et la seconde La trilogie du pont. Reste quatre autres romans et le recueil Gravé sur chrome, soit une dizaine d’ouvrages. En ayant chiné Neuromancien et Tomorrow’s parties voilà la collecte des œuvres de Gibson qui s’agrandie et ça me fait plaisir. J’espère pouvoir chiner les autres ouvrages au fil du temps et si jamais ma patience s’étiole restera toujours Amazon pour combler les vides.

En terme de dépenses pour cet article il y Tomorrow’s parties chiné pour 1 euros, le Neuromancien chiné pour 30 centimes (d’euros évidemment, pas d’écu, pas encore). Le Men in black était gratuit parce qu’il y a encore des gens qui donnent des livres de poches dans les vide-greniers et pour La planète des singes et pour Diablo il faut compter 1 euro pour les deux, donc 2,30 euros dépensés pour ces cinq livres.

Sommes totale dépensées pour la saison 02 de chiner sa bibliothèque : 15,90 euros
Sommes totale dépensées pour la saison 02 de chiner sa bibliothèque : 15,90 euros
Sommes totale dépensées pour la saison 02 de chiner sa bibliothèque : 15,90 euros
Sommes totale dépensées pour la saison 02 de chiner sa bibliothèque : 15,90 euros

Sommes totale dépensées pour la saison 02 de chiner sa bibliothèque : 15,90 euros

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