Je suis malade

Publié le 21 Avril 2017

Les hommes par paires de deux, vieux et malades ne s'observent pas dans le silence bactérien de la salle d'attente du médecin. Aux quatre coins cardinaux de la pièce ils se tiennent comme les gardiens d'un temple désuet où ils patientent chacun dans son silence lourd. Mais de temple il n'y à guère, seule la secrétaire médicale qui reste à l'orée du temple campe le rôle magnifique de la Pythie qui délivre son oracle ; elle se lève, virevolte comme une fleur dans la brise de printemps et elle annonce un destin retardé. L'avenir n'aura pas lieu, en tout cas pas tout de suite. Son visage d'ange serein cerclé par ses lunettes sages n'y change rien, elle annonce le grand retard qui a lui seul ébranle tout le beau silence d'or. Le temple n'est plus qu'un bac à sable où la maladie s'oublie et les langues dédiées aux oracles font et défont l'ordre établi. C'est la tempête dans l'ordre des choses jusqu'à ce que le destin plus lourd et plus fort que tout reprenne le fil de sa pesanteur et impose le sens de son immobilisme et la mollesse de son entropie sur la vérité de l'instant. C'est toujours le même temps pour la destinée, celui qui fait mentir les oracles.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #Chronique chaotidienne

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