Comment j'en suis venu à apprivoiser l'écriture #autofiction 9/11

Publié le 30 Avril 2017

En ce temps là récolter les e-mails sur les tchats c'est facilement parce qu'ils étaient toujours affichés. J'essayais de repérer des personnes qui pouvaient m'intéresser, sexuellement ou intellectuellement, et j'ajoutais leur mail à mon carnet d'adresse. Je ne me souviens pas au départ de combien d'adresse je disposais lorsque j'ai fais mon premier envoie groupé sur ma propre liste, mais cette fois j'ai eu des réactions. J'avais peut-être entre 20 et 50 mails qui n'avaient pas demandé à se trouver dans ma liste et sur cette quantité j'ai eu une majorité de non réponses, puis des messages de personnes qui se demandaient ce qu'elles faisaient dans ma liste et qui me demandaient gentiment de les retirer, puis bien sûr des insultes qui me demandaient de retirer leurs mails et enfin des réactions positives. Mais qu'importe le type de réaction, j'étais en joie dès que je recevais une réponse. Je répondais à toutes les réactions, j'affinais ma liste en supprimant les gens trop chiants et en ajoutant de nouvelles adresses, et évidemment je commençais une réponse plus personnelle aux personnes qui réagissaient positivement. Ces échanges sont devenus pour quelques uns de véritables correspondances qui ont durées des mois ou des années. Pour l'anecdote qui souligne que je n'étais pas encore bien habitué aux usages du virtuel, c'est que tous les mails de réponse que je recevais je les imprimais pour les conserver dans le classeur où je conservais mes lettres manuscrites.

Mais même si je développais des correspondances intimes et personnelles avec certaines personnes ça ne m'empêchait pas de continuer les envois groupés de littérature non sollicité. C'était tellement excitant. Et c'était tellement facile d'ajouter de nouvelles personnes et potentiellement un nouveau lectorat. Je crois que la première fois qu'AOL a bloqué mon compte c'est parce que j'envoyais ma littérature non sollicitée à plus de 900 personnes. Mon carnet d'adresse avait grossi et le fournisseur d'accès considérait que je faisais du spam. Alors que ça ne pouvait pas être le cas puisque je ne savais pas ce qu'était le spam. Après négociation téléphonique, et promesse de réduire, je retrouvais ma connexion et plein de bon sens je scindais mon carnet d'adresse en deux, puis en quatre, puis en huit, histoire d'avoir des envois plus discrets.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #egotrip, #autofiction, #écrire, #écriture

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