Comment j'en suis venu à apprivoiser l'écriture #autofiction 8/11

Publié le 29 Avril 2017

Lorsque j’ai connu internet j’ai rapidement appliqué mon goût pour la littérature non sollicitée à ce nouvel outil qu’était internet et cette période, même si elle perdure encore aujourd'hui, a débuté pour moi il y a plus de 15 ans. Je parle de littérature non sollicitée pour parler de ces textes que j'écrivais et que j'envoyais par la Poste à mes camarades de lycée (avec qui je rappelle que je n'étais pas camarade), à mes camarades que fac (avec qui j'étais camarade) ou à mes voisins. J'ai appris le goût de l'écriture en ressentant le besoin d'être lu et de provoquer des réactions. Et lorsque l'on écrit sur une feuille de papier que l'on envoie anonymement à des gens dont on n'est pas forcément proche, le taux de réaction est assez faible.

Ceci étant redit revenons à mes moutons qui est seul et ce mouton c'est moi. Donc revenons à moi. L'ordinateur, l'outil qui m'avait poussé à passer à l'écriture, était intervenu dans ma vie par hasard. Mais quelques années plus tard, j'ai désiré avoir internet. C'était encore un truc pas vraiment connu, pas encore bien répandu, on payait nos connexions à la durée et lorsque l'on était en ligne ça coupait la ligne de téléphone. Bref, c'était un peu archaïque et même si j'avais voulu internet je ne savais pas trop ce que je pouvais en faire. Assez instinctivement je retrouvé sur les sites de tchat pour discuter avec des inconnues, essayer de draguer des filles virtuellement, et forcément aussi trouver du porno et de la musique téléchargée. Je vous rappelle que nous n'avions pas encore le haut débit donc nous étions patients, patients, patients. Je ne convoque pas le porno et la musique piratée juste pour faire de la déco un peu sale et prouver que j'ai toujours été un cochon doublé d'un pervers et d’un voleur, mais c'est que fréquenter ces salons m'a permit de découvrir les listes de diffusions. Si tu rencontrais les bonnes personnes en ligne tu pouvais donner ton e-mail qui se retrouvait dans une liste de diffusion qui faisait des envois réguliers et groupés de porno ou de musique.

En voyant cela j'ai rapidement vu le potentiel que ça offrait à mon principe de littérature non sollicité. Si j'accumulais assez d'adresses je pourrais faire des envois groupés de mes textes. Et c'est ce que j'ai vite commencé à faire. Vu que nous étions dans des listes de diffusions un peu interlopes je me suis permis de faire répondre à tous et d'envoyer un texte. Je ne sais plus du tout la nature du texte, toujours un truc exalté, révolutionnaire, colérique, vaguement poétique et moyennement drôle. C'était une bouteille à la mer, un truc qui n'espérait rien. C'était plutôt un teste et je crois que mon adresse a été presque tout de suite supprimée de la liste de diffusion parce que les gens qui s'y trouvaient s'en moquer de lire un pavé, ils voulaient voir des seins et des chattes. Faut dire que je ne connaissais rien des usages du net, j'expérimentais de manière empirique, j'improvisais et j'ai compris que je devais me faire ma propre base de donnée d'adresse.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #egotrip, #écrire, #écriture

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