Comment j'en suis venu à apprivoiser l'écriture #autofiction 5/11

Publié le 25 Avril 2017

Le soir, impatient et excité je me mets au clavier et je rédige un morceau de bravoure dans ma prose maladroite et adolescente exaltée. Mes années de lycée ne sont pas de bonnes années, j'ai donc de la rancœur, du mépris et de un esprit de revanche qui nourrit mon écriture mais je m'abandonne à ma plume en prenant bien soin de ne rien laisser deviner de mon identité. J’avais besoin de l’anonymat pour envisager d’écrire et l’auteur que j’étais, auteur de lui-même, faisait son possible pour resté caché derrière son œuvre et son personnage. Après avoir rédigé ce numéro 1 d’un mon journal à visé scolaire je mets au point un stratagème pour envoyer les lettres à ma grand-mère pour qu'elle puisse les poster à son tour d'une ville qui n’est pas la mienne histoire de brouiller les pistes. Et j'attends. J'attends une réaction de mes camarades de classe qui ne sont toujours pas mes camarades.

Rien.

Pas un mot pour évoquer ma lettre. Je suis déçu, frustré, mais j'ai l'habitude, j'ai aussi l'habitude d'être persévérant, j'écris donc un nouvel épisode de mon journal que j'expédie comme le premier. Et j'attends.

Et rien.

Et je recommence une troisième fois ; d'une part parce que je suis têtu, d'autre part parce qu'écrire à un lectorat que je connais me stimule et m'excite beaucoup et puis je ne perds pas espoir d'avoir une réaction. Et au bout de la troisième semaine, enfin un élève évoque les lettres bizarres qu'il reçoit. Du coup, à partir du moment où il évoque la chose, tous ceux qui ont reçu ma prose se mettent à en parler, les langues se délient et c'est comme si un barrage venait de se briser et que toute l'eau contenue se déverser dans un joyeux torrent.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #egotrip, #autofiction, #écrire, #écriture

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