Comment j'en suis venu à apprivoiser l'écriture #autofiction 11/11

Publié le 2 Mai 2017

Par paresse ou parce que les règles de mon fournisseur d'accès évoluaient, mon compte a été bloqué trois fois pour spam et la troisième fois j'ai été radié d'AOL. J'ai heureusement pu récupérer mes carnets d'adresse avec quelques centaines d'e-mails et je suis allé poursuivre mon jeu ailleurs. Cette fois j'avais divisé et limité mes envoies par paquet de 30 e-mails. Entretenir ce carnet d'adresse était laborieux, trier manuellement, vérifier les doublons, supprimer ceux qui vous bloquent ou disparaissent, annoter certaines adresses pour se rappeler pourquoi telle ou telle personne a un intérêt, etc. Mais jamais cela, vraiment beaucoup. Dès qu'un envoi était parti j'étais excité et stressé en même temps. J’avais peur de ce que les gens percevraient de moi au travers de ce que j’avais écris et j’étais excité de recevoir leurs réactions. Je n'ai jamais eu peur que mon anonymat soit dévoilé, mais pourtant sans lui je crois que je n'aurai pas pu agir ainsi. Je veux dire que je n'aurai pas assumé d'écrire ce que j'écrivais, mes pensées, mes désirs, mes fantasmes, mes idéaux. Mais cela changera lorsque je mettrais cette pratique de côté pour me lancer dans les blogs.

Vers la fin de mon âge d'or de la littérature non sollicité je me souviens que j'avais découverts des sites où l'on pouvait s'échanger des carnets d'adresses entre personne ayant envie de diversifier et amplifier la grandeur de leur carnet d’adresses. Il y avait un classement dans mes briques d’adresses, les favorites que je gardais précieusement pour moi, les chiants dont je pouvais me réjouir de balancer leurs e-mails dans des listes interlopes, et les adresses du tout venant. C'était étrange, un peu interlope, mais c'était excitant. J'avais la sensation ridicule de me tenir au sommet d'un empire.

En écrivant cela, je réalise que si cet âge d'or est un peu mon côté obscure de l'écriture il y a eu comme pour les lettres papier, un passage du côté de la lumière. Pour ma première pratique je vous ai expliqué que durant la terminale j'ai envoyé mes textes aux élèves dans une classe que je n'aimais pas et puis par la suite j'ai poursuis à la fac avec des personnes que j'appréciais, mais dans les deux cas en restant anonymes. Avec les envois groupés de littérature non sollicité je réalise que je peux faire une sorte de dichotomie un peu identique, j'ai commencé et j'ai pratiqué le gros de mon œuvre dans l'anonymat total et avec des e-mails volés à la volée. Et par la suite j'ai eu une pratique de l'envoi de textes groupés mêlant idéologie personnelle, intimité voilée, jeux d'esprits et plaisir du dévoilement avec mon groupe d'ami. C'est venu assez tardivement, nous débarquions sur Facebook, nous étions connectés, mais au lieu de leur écrire sur leurs murs, je préférais leurs envoyer des messages groupés. C'était plaisant mais ça avait un goût d'étrange parce que j'exportais quelques années de pratiques de mailing sauvage et secret dans un cadre familier avec des amis.

Petit à petit j'ai abandonné cette pratique de littérature sauvage non sollicité et j'ai transféré mon plaisir et mon apprentissage de l'écriture vers les blogs. Mais vous devinez que ça fera peut-être l'objet d'un prochain chapitre de ma vie et de comment j'ai apprivoisé l'écriture. Enfin ça sera le cas si quelqu'un est intéressé par ma petite vie et par savoir comment j'ai apprivoisé l'écriture comme une compagne et une amante.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #autofiction, #écrire, #écriture, #egotrip

Repost 0
Commenter cet article