Le train a sonné deux fois

Publié le 5 Mars 2017

Sous les pieds du fossoyeur un grand trou se créait. C’est le monde qui mourrait et qui s’écroulait sur lui-même comme un soleil mort. Le processus sera long, il n’y a pas d’urgence et le fossoyeur se délecte. Les charognards, humains malgré eux, viennent charogner les trésors que le ventre de la terre expulse comme le corps du pendu se vide de ses entrailles. Les mains pleines arrachent des pierres brisées, de l’or oxydé, le plomb des planches à billets et tous les centimes fantômes.

Chaque jour le trou brun et profond s’agrandi. Il englouti toujours un peu plus de monde en lui-même. C’est comme le nombril d’un homme obèse qui serait en train d’aspirer tout le corps de l’homme. Le fossoyeur narquois est assis sur sa cage thoracique.

Venez jeter quelques pièces dans le vendre mort de monde et faites un vœu.

 Peut-être que demain le monde trouvera le temps de le réaliser avant de disparaitre.

Les charognards aux poches pleines sonnent les cloches qu’ils n’ont pas pu voler.

Le tocsin montre le chemin.

Le décompte est un cycle du quotidien.

Je n’use que de quelques doigts pour aligner les bons nombres.

Et le temps que je passe la nuit je remettrai une balle en haut du barillet.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

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