La trahison de Manuel Valls

Publié le 30 Mars 2017

Il y a cinq ans j’ai beaucoup hésité avant de donner mon vote. Lorsque j’ai fini par me décider j’ai voté pour François Hollande. Et dès lors qu’il a été élu, je me suis efforcé d’assumer mon choix durant les cinq années de son mandat. Cela ne signifie pas que j’ai toujours été en accord avec les choix du président mais en tant que citoyen je me suis senti le devoir d’assumer mon choix et de ne pas abandonner le président que j’avais aidé à élire. C’est un choix auquel je me suis tenu plus par souci d’honnêteté intellectuelle mais ainsi en parti par conviction politique vis-à-vis de ce qu’a pu être un jour l’idéologie socialiste, donc une forme d’honnêteté et de fidélité. C’est ma manière de donner du sens à mon vote, même si cette vision est très subjective. La posture d’électeur devrait être un rôle que l’on n’endosse pas seulement le jour de l’élection, il me semble faussé de croire que le citoyen retire son habit d’électeur à la sortie de l’urne.

Et vu le mandat de François Hollande vous conviendrez qu’assumer mon vote jusqu’à la fin n’a pas toujours été une chose facile.

Hier lorsque Manuel Valls a officialisé qu’il voterait pour Emmanuel Marcon j’ai eu un choc, enfin plutôt un coup de colère. En électeur de François Hollande j’ai aussi soutenu la politique de Manuel Valls, je suis même allé jusqu’à lui trouver certaines qualités, comme un sens de l’abnégation lucide. Et même si j’avais été déçu de sa prestation à la primaire, ne trouvant pas sa place, je continuais de voir en lui un homme politique honorable. Le voir ainsi trahir son parti et sa parole pour des arguments auxquels je ne souscris pas m’a mit en colère parce que ça m’a renvoyé à ma position d’électeur.

En tant que simple électeur il m’aurait été facile de tourner ma veste à la sortie de l’urne ou au premier sondage médiocre pour le président, j’aurai pu renier mon vote et faire crouler les critiques autour des décisions présidentielles mais je ne l’ai pas fait parce qu’il me paraissait comme la moindre des décences citoyennes que d’assumer mon vote. Or je ne suis qu’un simple citoyen, sans carte ni portée politique, je ne suis qu’un homme avec quelques idées et convictions mais je ne suis pas une figure politique. Et ce que je m’applique comme la moindre des preuves de décences et d’honnêteté intellectuelle je n’en attends pas moins de la part des hommes qui sont censés incarner de vraies figures politiques.

C’est à ce titre que je vois la volte-face politique de Manuel Valls comme la plus pathétique et grotesque illustration de la vanité des hommes politiques qui briguent et se partagent le pouvoir. C’est un geste détestable et inadmissible à mes yeux. Et qu’il soit commis en faveur d’un candidat pour qui je n’ai aucune sympathie n’entre pas en ligne de compte. C’est sur le principe que je trouve le geste déshonorant. Déshonorant pour l’homme, et méprisant pour les militants et les citoyens qui croient aux idées du parti que Manuel Valls trahi.

Au mieux c’est la peur (du Front National) qui pousse cet homme à renier ses convictions mais comment pourrions avoir de l’estime et assez de confiance pour engager un vote vis-à-vis d’un homme dont les convictions s’écroulent lorsqu’il a peur. L’échiquier national et international est anxiogène monsieur Valls, si la peur vous ébranle il est peut-être temps de se retirer de la politique. Au pire cette trahison ne cache rien d’autre qu’une trahison basse et médiocre motivée par un espoir de trône et si tel est le cas je n’ai pas envie d’user de mes mots pour qualifier la manœuvre.

En soi, l’homme Manuel Valls est tout à fait libre de voter pour qui bon lui semble. Mais s’il voulait jouir librement de son droit de vote citoyen il lui fallait quitter le parti et ne pas participer à la primaire et ne pas s’engager à soutenir le candidat élu par ce parti. Bref il aurait pu faire comme Emmanuel Macron, refuser la règle du jeu avant de s’y engager et jouer selon ses propres règles. S’il avait fait cela j’aurai peut-être été déçu mais je n’aurai eu ni colère ni rancœur. Mais s’aligner à une élection, signer la règle du jeu pour ensuite la bafouer je trouve ça détestable. Ces hommes politiques qui font travail de leur paroles mais qui ne sont pas capable de la respecter j’ai de moins en moins de compassion pour eux.

Et viendra un jour ou malheureusement je n’aurai plus le goût à assister à ce spectacle idiot.

La trahison de Manuel Valls

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un autre, #politique, #Réflexion

Repost 0
Commenter cet article