Pour quelques dollards de moins

Publié le 15 Février 2017

Un photographe, un journaliste, un fouille merde, une fouine, un tocard puant sans éthique, un homme de lettres sans honneur ni déontologie. Un ancien bandit, homme de main armée à la gâchette facile qui traînait avec sa horde de province avant de réaliser son goût pour le macabre. C'est dans les bars en racontant ses histoires qu'il a prit le goût du détail sordide et de la mise en scène parce que les femmes aiment les voyons. Lui il aime le gore, les cloaques, les histoires sordides où la nature humaine rampe dans sa fange. Il aime l'aura que ça lui confère de rapporter l'homme à sa médiocrité, lui même est un être médiocre mais pourquoi ne pas révéler que les autres ne valent pas mieux que lui ? Il a commencé à raconter les exploits de sa bande dans les salons où leurs vacarmes invitaient à l'écouter. Ses histoires sont un soir tombées dans l'oreille du directeur d'une feuille de choux sordides qui racole le passant avec des foutaises de foire qui sentent le sang, le foutre et la poudre noire. Ce soir là le bonhomme a proposé à notre homme de lui acheter son histoire, ça lui payerait l'alcool et la pute pour finir la nuit, alors il a dit oui, il a prit sa plume et il a torché un texte. Quelques jours plus tard le même bonhomme est venu le retrouver pour lui proposer un deal, du fric contre ses histoires garanties vécues. Notre homme avait eu la chance de savoir écrire parce ses parents étaient instituteurs grâce à quoi il maniait la plume aussi bien que le colt. Semaine après semaine il vendait son lot d'anecdotes hors-la-loi, s'attachant aux détails misérables des blessures, des morts, et de l'or des bandits qu'il encensait. Dans un monde de fou le peuple voulait aduler les voleurs, les violeurs, les violents et il savait le leur vendre.

 

Bientôt il avait fait sa notoriété de plume plus grande que celle de son colt mais il avait épuisé le filon des anecdotes. Alors il n'a pas hésité à faire jouer ses relations pour se mettre dans le sillage des gros poissons, de bandits plus gros que lui qu’il suivait, il participait et se mouillait dans la magouille en échange de quoi il gagnait une histoire à raconter. Autrement il faisait ce qu'il savait faire de mieux, chercher la merde et la soulever parce qu'il disait que sous la merde des rues il y a toujours un truc inavouable à raconter. Mœurs, meurtres, misères des uns et des autres il savait où chercher pour tirer les ficelles de la trame nauséeuse des villes. Fallait-il parfois donner soi même quelques coups de surins pour créditer son histoire il n’hésitait pas. Bob son patron l'avait pourvu d'une chambre noire pour illustrer la vérité qui coulait dans le sang et la poussière des ruelles et notre homme avait vite compris que les photos savent si bien mentir. S’inspirant de ses souvenirs il poussait de pauvres hères à singer la mort.

 

Avec le temps il eu fini par éprouver la véracité du réel en déformant la vérité rendant grotesque certaines personnes, et mettant les Marshall sur la trace des autres. Il avait tant et tellement soulevé la merde que maintenant elle lui retombait dessus. Il comprit alors qu'était venu le temps de partir se trouver une autre ville et d'autres histoires à raconter.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche

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