Poser ses ailes en bas des arbres nus

Publié le 6 Février 2017

Il ou je, le voilier tangue. Il trace l’outrage de l’indécision

Si peu et trop de tout ; la présure de poète après une incision

Chroniqueur d’heure à heure de souvenirs toujours vivants

Ma muse est devenue madame, mais je reste son dissident

Le drame de ta majorité bascule sous la cathédrale de la trotteuse

Ton éventail, une vie nouvelle mais tu reste ma pucelle hargneuse

Dès que le temps est pour moi je m'abandonne à mes indiscrétions

L’œil collé à la bouche de judas, j’y contemple tes accrétions

Des mausolées gastriques, des ruines intestinales

Les papillons sont morts, ton ventre bat d’ombres minérales

Souviens-moi, au saut du lit je buvais à tes mots les sucs

Archéologue de tes alvéoles jeunes qui donnaient sur un viaduc

Je remonte le fil léger des fluides que tu écoulais hors de toi

Sur la carte, méthodique, je suis les lignes du doigt

Sur ta joute démoniaque je me courbe pour embrasser tes sabots

C’est ma valse mécanique, l’orgiaque négation du destin des tarots

 

Je décompte encore ce qu’il me reste de tes souvenirs.

Tu vieillies bien plus vite que ma nostalgie peut le soutenir

Le dessin sauvage trace une ligne sur ta joue juvénile

Pour tes aréoles ostracisées puissent faire le retour du chenil

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #autofiction

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