La poésie dans le cloaque

Publié le 1 Février 2017

Regarde au fond de ton puits amnésique et confrontes-toi au monstre qui pétarade dans tes entrailles qui deviennent aussi visqueuses que la fange des porcs.

Sous la graisse façonnée comme une statue de glaise tu verras alors Pygmalion qui outrage sa Galatée pour conduire la néréide à hurler derrière la jetée fiévreuse du port.

Le poète est salace et ton âme s’agace tandis qu’il glisse, qu’elle gît et s’enlisent s les diables dans les méandres de l’infini cloaque qui s’étend par-delà la frontière profanée.

Sur leurs doigts cristallins les insectes nécrophages courent en nombres impairs et tissent des chrysalides palmaires qui écloront dans une année.

Un homme damné par les nuances des roses diaphanes et des rouges carnés qu’il s’applique à discerner dans le grain serré de la peau peut mourir.

Dans l’ombre du marais la nature endosse l’étrange épiderme qui se déforme pour épouser la silhouette imberbe avant de la voir dépérir.

S’il veut survivre alors que le mâle s’exile sur l’île renversée et qu’il séduise d’un jet les muses menstruées des irrémédiables enfers tectoniques.

L’horloge rage lorsque la foudre frappe et fauche les phalanges des filles farouches et les fourches des fumeurs d’arsenic.

La fumée enfin dissidente se dissipe alors que l’orage meurt et découvre des cadavres et des lignes noires qui jonchent le sable putride.

Enfin je gratte mes ongles. Je libère quelques gaz. En regardant le ciel devenir un horizon trop blanc je prends le temps de prendre quelques rides.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #poésie

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