#Insomnie

Publié le 2 Février 2017

Insomnie relative et redondante – retour à l’état de veille et à la frénésie des lampes orange ; orage de lumières inactiniques. Refusant de s’écouter penser il s’était étouffé le temps de la conscience dans l’excès lipidique mais la bouffe saturée dans ses veines n’y faisait rien et son esprit continuait de fonctionner en offenses obsessionnelles qui l’éloignaient de son ambition. Après avoir ingurgité l’infinie quantité organique il avait le goût de la culpabilité dans l’arrière-salle de sa pensée ; sûr de son fait il faisait tout pour enfumer l’impudente sensation coupable en allumant des cigarettes qui consumaient vite fumant beaucoup et balayant la cendre sur la table d’un revers de main. La nicotine consumée le conduisait à la mort ou au cancer et à coup sûr à l’haleine mortifère des matins blêmes et le spectre d’une dame brandissant les clefs de la fin, l’enduisait d’angoisse. Il était poisseux de ce sentiment d’amère défaite jouée d’avance qui avait le goût âcre des illusions qui partent en fumée. Et l’horloge tourne, même si aujourd’hui le temps ne tourne plus, il se digitalise et passe de barre en barre de pixels planifiés ; reste qu’elle tourne dans son crâne trop plein d’être vide et trop vide d’être plein. Lorsqu’il regard par la fenêtre par-dessus la forêt urbaine qui couve dans un halo de lumières mortes il sait que le ciel viendra à l’aube couvrir son jour d’un échec nuisible. Il vise la télé et lui en veut de bruissait encore la même merde qu’il n’écoute pas mais dont il espère qu’elle parviendra un jour à l’abrutir enfin supposant qu’il pourra se nettoyer de son angoisse poisseuse dans l’abrutissement général mais l’inefficace rentabilité de son procédé l’excède encore plus. Il ne lui reste plus qu’une chose pour échapper à lui-même c’est la salle de bain, le lavabo et le dentifrice. Il se brosse les dents, énergiquement avec satisfaction et se donne l’impression de se nettoyer la bouche de toute la misère qu’il a cuvée aujourd’hui. Demain il ne manquera pas de recommencer.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses

Repost 0
Commenter cet article