Peut-être qu’enfin la promesse du pire sera tenue

Publié le 24 Janvier 2017

Je suis de la génération du pire, cette génération qui a été bercée avec les promesses de catastrophes, de crises nucléaire avant la guerre froide, de crise climatique quand le mur est tombé, de capitalisme galopant qui allait tout détruire ou dévorer, de libéralisme jusqu’à en devenir ultra dans une hypertrophie morbide, crises financière, crises diplomatiques, fin du monde, fin des mondes, crise du numérique, oui je suis de cette génération à qui l’on a promis mille fois le pire, la fin et l’apocalypse. Comprenez que je sois de cette génération qui ne croit plus aux promesses de morts et de fin capitale d’un monde ou d’un concept, car je suis de cette génération à qui l’on a annoncé mille fois la fin, le pire, la fin des temps par mille promesses que personne n’a jamais tenus.

La politique est un spectacle, un pur show de divertissement que l’on projette au peuple en remplacement du foot, du pain et des jeux. La politique c’est ce show, un divertissement pur jus à l’américaine où seuls les showmans, artistes, adorés, adulés, conspués et détestés par la doxa fébrile à qui l’on parvient encore à faire croire qu’être spectateur de la grande récréation politique est un geste citoyen sont encore capables d’en sortir vivants.

La politique, comme entité conceptuelle, c’est elle qui mille fois nous à fait la promesse du pire, annonçant par le menu la liste des réjouissances qui allaient nous frapper comme les plaies frappèrent l’Égypte, je vous avoue maintenant je ne sais plus si c’était des menaces ou des promesses, mais pour peu que l’on prenait cela pour des menaces c’est que l’on entendait cela comme des promesses. Mais toujours en mon sens la politique s’est fourvoyer parce qu’à chaque fois les promesses échouer à s’incarner aussitôt remplacée par de nouvelles promesses de fins.  

Ainsi s’est écrite la règle politique, la règle médiatique, la règle citoyenne, c’est d’un trait simple que s’est écrite la règle, de ce même trait avec lequel s’est barrée la démocratie.

Et aujourd’hui la politique comme entité performative des réjouissances accouche de Donald Trump en plein cœur de la piste cendrée du grand cirque tragicomique qu’est devenu le monde. Présentez moi une à une les mesures de Donald Trump, confrontez moi une à une aux saillies et aux idées du président américain et je vous promets de vomir chacune d’entre elles avant d’élever ma raison et ma conscience contre elles. Je promets et jour sur l’athéisme qui m’anime que je ne partage rien avec le président qui porte le même nom qu’un canard de Walt Disney.

Sauf que.

Sauf que cette fois je me dis que c’est possible.

Peut-être qu’enfin la promesse du pire sera tenue. Enfin nous allons voir le monde basculer dans sa fange et nous ne pourrons plus courir en avant en fermant les yeux. Et en un sens, l’avènement du pire provoque en moi un profond soulagement. Enfin, là, le vrai grand acteur du show politique mondial, le guignol grotesque à échappé à son marionnettiste et voilà que déjà il s’agite. Il s’agira maintenant pour Trump de tenir ses promesses et d’incarner le pire, la fin d’un monde ou la résurgence morbide d’un monde que l’on voulait croire mort. Nous n’aurons alors plus à penser sous la menace d’un pire potentiel pouvant arriver, nous voilà au pied du mur et je compte sur Donald Trump pour ériger son mur, pour tenir ses pires promesses, que l’on puisse enfin, nous, les autres, libres penseurs dans un monde moribond commencer enfin à penser le futur, l’avenir, la révolution, la mort d’un monde, enfin nous allons pouvoir penser sans la peur que le pire arrive, il est déjà là, en tout cas je l’espère.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #Fantasmagorie

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