L'autre douche dorée

Publié le 13 Janvier 2017

[...] Pourquoi est-ce qu’il se sent concerné lorsqu’il apprend que le vilain président américain apprécie de se faire uriner dessus ? Peut-être est-ce parce qu’il éprouve lui aussi une tentation similaire. Pour échapper et se départir de l’improbable pont qui pourrait joindre le pauvre homme et le président dictateur il cherche en lui à justifier l’antique pulsion qui semble unir les désunis. Comment peut-il se disculper cette pulsion, il y voit au moins deux raisons distinctes (mais qui se recoupent peut-être). Devant son tout petit auditoire il commence par évoquer le lien qu’il perçoit entre la vulgarité et l’érotisme de la vulgarité quand des mots crus surviennent dans la bouche d’une femme dont on ne s’attend pas à ce qu’elle jure ainsi. Il avance que voir une femme faire pipi relève de la même sensation. Lorsque l’on parle avec les femmes, en générale, il a la sensation que ce qui concerne les fluides corporels est encore un sujet tabou, cette forme de tabou joyeux qui construit la mythologie un peu mièvre selon laquelle les filles pètent des paillettes, qu’elles ne font pas caca, ni pipi, ou qu’elles chient des arc-en-ciel. Quand on est un homme il semble qu’il y ait a une forme d’omerta symbolique sur ce que les femmes font aux toilettes. De ce fait imaginer une femme en train de faire pipi, c’est une manière d’envisager la femme dans une posture tabou et cette posture amène à briser l’image pure de la femme, ou pour le dire avec plus de justesse, voir une femme en train de pisser crée un décalage entre l’image qu’elle veut donner et l’image réelle dans laquelle la position d’uriner la même. Et ce décalage, le goût érotique de ce décalage fonctionne de la même manière qu’une femme élégante qui use de vulgarité. [...]

Celui qui n'est pas président

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #pipi, #Réflexion, #recyclage

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