Merci

Publié le 7 Décembre 2016

C’est toujours très étonnant de vieillir à l’ombre et la lumière des réseaux sociaux parce que se manifestent des personnes dont je supposais que je partageais avec elles une forme de pacte d’ignorance réciproque. C’est un sentiment étrange, le jour de son anniversaire, par la médiation des réseaux qui rappellent à vos amis, vos suiveurs, vos souscripteurs et autres formes de relations numériques, vous entrez subrepticement dans un faisceau de conscience, un faisceau d’existence aux yeux des autres. Ces autres qui durant le reste de l’année représente un concept global, extérieur, macrosocial comme une molécule peut être macromoléculaire.  Oui durant toute une année je me persuade que partager une présence disparate mais réciproque sur un lieu numérique avec autrui n’implique rien qu’un peu de voyeurisme, pourtant le jour de votre anniversaire, inévitablement des gens vont se manifester à vous, ici à moi. Je ne m’en plains pas, non, je vous fais seulement part du sentiment d’étrangeté que ça réveille en moi. Et pour dire à quel point je ne m’en plains pas et à quel point je ne critique pas ça, j’ai plaisir à éprouver cela. Bien sûr la plus part du temps ces messages et autres signalements d’anniversaires résultent d’une forme de soumission d’autrui au consensus ce qui devrait légèrement réduire la portée de cela, mais qu’importe. Durant un jour, vous avez la sensation d’être un éphémère point de convergence d’attentions elles aussi éphémères, et c’est plutôt doux, doux comme les rayons de soleil du mois de décembre qui viennent caresser la peau au zénith bas de midi. Dans un ère archaïque où je souhaitais encore fêter mon anniversaire en réunissant des personnes autour de moi il n’y avait là que des personnes que j’avais désirais voir, enfin celles à qui j’avais osé notifier cet intérêt, pondéré par celles à qui j’avais osé le faire et qui n’avaient pas pu être là. Aujourd’hui dans le soleil couchant de Facebook ou l’aube fraîche d’instragram ce sont toutes sortes de personnes qui sortent de l’océan 2.0 pour vous faire un signe et moi je suis comme le navigateur d’un jour qui seul au milieu d’un océan regard la mer autour de lui et s’émerveille à chaque fois qu’un poisson jailli hors de l’eau pour le saluer de ses écailles scintillantes avant de repartir sous la surface de la mer là où il redevient un fantasme de pêcheur.

A vous tous, à la faune et la flore de ma métaphore marine je tiens à dire merci, les plus fidèles et les plus impromptus, oui un véritable merci.

Quand à ma requête photographique j’ai eu le bonheur de récolter 36 photos envoyées par 28 personnes. J’en reparlerai sûrement plus tard, pour cela aussi, un grand merci à vous.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Je est un Blog

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