D'un trait

Publié le 15 Décembre 2016

Dans un sens, ou dans l’autre – sans pression – la mise en place est fluide comme le nuage au dessus de la mousse qui rampe sur le dessus du granite d’une tombe qui couvre la terre où meurt le corps où meurt une âme qui ne meurt pas mais qui en sort, et puis qui montre, à travers la peau – s’extirper – puis elle traverse la terre qui n’est pas boue mais qui est meuble pour en sortir salie et se confronter à la roche, minérale, granitique et remonter le long de micros fissures comme une érosion à rebours jusqu’au millimètre d’un siècle ou deux où l’âme trouvera les racines sporadiques de la mousse, elle pourra alors jouir d’une transition par osmose et regagner la surface où plus rien ne se passe ; lui faudra t elle encore parvenir à franchir l’incommensurable espace d’air vide qui la sépare encore des nuages, hautains et pédants qui surplombent le sol et si par un jour d’hiver, le hasard d’une probabilité pousse l’âme jusqu’aux nuages, elle aura la satisfaction d’y être, comme le soiffard dans le bar qui se soulage d’une pinte de bière fraîche et dans la dernière gorgée fraîche elle fera l’amère constat qu’il n’y a rien de plus et l’âme, vidée, tombera dans le vide comme le soiffard soulage sa bière dans un trait d’urine au coin d’une rue et qui forme un ruisseau éphémère en route vers le caniveau, les égouts et les profondeurs souterraine de la terre urbanisée à outrance.

D'un trait

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

Repost 0
Commenter cet article