D'un an, d'un jour

Publié le 6 Décembre 2016

Figure de style au visage défait, c’est le soleil encore qui trace une ride mélancolique dans le mois de décembre et sous le pied du jour, dans le matin encore noir de cristal je suis née et éternellement jusqu’à ma mort je rebouclerai une année dans ce moment plus ou moins précis qui commémore l’instant où je suis sorti du vagin d’une femme pour prendre pied dans le monde. J’ausculte, j’examine, il y a bien longtemps que je ne pleurs plus pour dire que je suis en vie ; tout autant de temps que la vie donne des raisons de pleurer sur elle, ou de s’en foutre et de creuser dans la terre, pas une tombe mais le sillon fertile où les graines éjaculées en vagues épiques et saumâtres viendrons chercher l’organique qu’il faut pour grandir, grimper, ramper et s’extraite du sol, saillie végétale qui accable l’aride et pointe son impertinence majeure vers le ciel, que dieu tremble les hommes pissent et chient sur le sol avant de l’ensemencer ; la friche devient richesse sous l’effet des déchets humaines qui décomposent l’azote et les milles autres fétiches secrets qui souillent sans mal le blanc, le plat, le linéaire éthéré et le désert de nos humanités. Je suis encore là, je fais pisser dehors et je suis encore là demain, dans un an.

Rédigé par Monsieur Ray

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