Trafique d’échelles

Publié le 28 Novembre 2016

Je sais que ce n’est pas le cas, mais en écriture j’agis souvent comme s’il existait une hiérarchie évidente des actes de création. Une hiérarchie de la créativité, qui ne serait pas établie par le médium d’expression ou dans la qualité de la forme finale, mais qui serait établie sur une hiérarchisation des inspirations, de la pensée créative, de l’idée naissante dans l’esprit du créatif. Oui, je pense et j’agis souvent comme si j’acceptais le principe d’une hiérarchie de la naissance des idées, une hiérarchie qui plus est qui serait fondée sur une supposée, mais non existante, noblesse d’affiliation du mode de génération de la pensée initiale.

 

Ainsi tout en haut de l’échelle se trouverait l’idée mythique et utopique qui s’impose à l’homme ex nihilo. Ensuite sous elle se trouverait l’idée qui vient en réaction à un événement et qui elle-même supplante l’idée qui s’inspire d’une idée émise par quelqu’un d’autre. Viendrait ensuite l’idée biographique, l’idée inspirée et l’écriture automatique qui s’oppose instinctivement à la page blanche puis l’écriture de correspondance, puis l’écriture de blog, puis les SMS et sûrement encore d’autres formes que je méprise déjà tellement que je n’ai plus la capacité à les conscientiser. Tout en bas de cette échelle hiérarchique abstraite, absurde et faussée, se trouverai la poésie ; peut-être qu’elle se trouve si basse qu’elle aurait fini par quitter l’échelle pour s’implanter dans un référentiel différent.

 

Je sais que tout ceci est parfaite erroné, faux et absurde et aucune parcelle de mon esprit ne pourrait défendre cela. Pourtant comme un enfant devant l’autorité naturelle de la petite sourie il m’arrive régulièrement de plier devant cette croyance et de refuser des idées parce qu’elles ne semblent pas assez nobles.

 

C’est pathétique je sais.

Rédigé par Monsieur Ray

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