Mauvais sang de semaine

Publié le 14 Novembre 2016

Lundi

Le froid et le ciel qui danse dans les feuilles qui meurent sous le regard lointain d'un soleil morne avant de dormir déjà.

De la musique qui pleure ses mots sans mon accord dans le long de ma corde sensible

Je vais allumer le feu, ça sentira un peu la fumée, puis la chaleur viendra couvrir le reste.

Les corps se réchaufferont en se retrouvant je crois, l'un contre l'autre à se chercher pour finir l'un dans l'autre

Les peaux comme de bêtes nues se mettront à poil avant de se frôler, de se frotter, de sentir peser la poids charnel de l'autre, altérité émotive, l'autre, l'altérité érotique, l'autre qui n'est autre que toi

Viendront plus tard les mains, les bouches et les mots transis dans le râle d'un soupire d'émoi, dans le souffle sursautant d'un désir qui gémit parce qu'il n'ose pas hurler l'envie qui couve, se découvre et se découpe en pages maladroites de correspondance chaudes comme des baisers et moites comme les lèvres à l'orée dentellière d'une culotte baissée

A l’encre des plumes qui frissonnent et sous le grain du papier que je froisse entre tes yeux charbonneux j’esquisse le possible, le plausible et je laisse la raison ployer sous les coups de reins du titan et son char annuel poursuivi par le cortège des fumeuses de cigarettes qui laissent les volutes monter au cieux dormant

Et dans le soir des milieux de jour les lundis meurent comme des jours idiots, indifférents et impudiques

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose

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