Juste de la poésie

Publié le 2 Novembre 2016

Une à une tes pages coulent des jours heureux sous les miennes

Jeune plat de haricots, encore verts, encore tendre, tu craques

Tu sais la valeur des ouragans et les chants d’amour des hyènes

Et des feuilles mortes des personnages tu présages toujours la claque

Et alors ? Tu lambines ? Tu refuses un retour en arrière ?

Que veux tu que j’y vois, la croyance d’un volier et la beauté granuleuse d’un angle de bouche ?

Tout ce qui est bon pour toi c’est d’apercevoir le creux du présent, du futur et de l’hier

Rivière saumoneuse qui remonte le long de ta cuisse et te pénètre couche par couche

Stratigraphie des pères dans une géologie de l’avenir

Et la rivière encore ruisselle en ton amont, traverse ton cœur comme une carte routière

Et moi le chaland des ordres ordinaire je te regarde ivre comme doit être un navire

Chamboulée tu miaules, tu chavires, tu trébuches et jures alors comme une chartière

Les arbres ne chantent pas, mais je fais semblant de les entendre

La nuit rêve pour toi, sous la frondaison je suis roulé comme un renard

L’hiver me couvre, le fer en croisière sur l’horizon qui brille comme du verre tendre

Oublions nous jusqu’au printemps pour revenir vivre comme un art

Avec le dard des abeilles et le ventre vide des carnivores

Bourgeons de miel et les ruisseaux qui dévalent enfin tes parois

Demain entre mes doigts tes cheveux seront d’or

Et moi, oui moi, je serai un Roi.

Rédigé par Monsieur Ray

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