Il poke sur mon coeur comme il poke sur la ville

Publié le 18 Novembre 2016

Il aime poker les garces. Est-ce là le jeu d’un érotisme de l’effleurement seulement joué dans les sphères hautaines de salons clos et des donjons d’une bourgeoise en quête d’une décadence familière qui redonnerait du sens à la vacuité de leurs vies ? Non. Il aime poker les garces mais pas qu’elles, ils aiment poker les gens, c’est sa déviance sans dérive, une névrose sans effets, sans affects, surtout sans impact sur le réel. Il  est là, anonyme pseudonyme qui dévoie sa véritable identité, assis à son bureau devant l’écran et le clavier cassé. Dans cette posture sécuritaire il se sent en mesure de poker les gens, des inconnus sans importance mais surtout des garces et des personnes qu’il admire. C’est curieux, le mélange n’est pas savant, c’est un mélange hasardeux où les ingrédients s’adjoignent presque par hasard, ignorant généralement méticuleusement la présence d’autres ingrédients et leurs valeurs respective. Lui, seul, démiurge minuscule d’un peuple sans élu, connaît la valeur des doses et il en mesure tout le bénéfice. Il poke, geste simple, anodin et presque automatique et le compteur grimpe. Rapporté à l’échelle du réel les pokes qu’il échange avec sa liste c’est comme les gestes équivoques qui s’échangent maladroitement et non volontairement lorsqu’une personne traverse une foule, une salle de concert ou un centre commercial un jour de solde. Ce n’est rien, mais c’est là. Ce n’est rien, mais ça colle à la présence et ça donne l’impression de ne pas être seul. A moins que ce ne soit le contraire, ça dépend de ce qu’en pensent les autres, mais ça il ne le saura pas. Il poke les garces et les autres mais il ne parle pas avec eux.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Poke, #Chronique chaotidienne, #Je est un autre

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