Chiner sa bibliothèque #43 : Sport, poésie et pop culture

Publié le 15 Novembre 2016

Chiner c’est faire pour soi dans l’archéologie émotionnelle. Chiner c’est mener à rebours l’exploration de ses souvenirs et des émotions qui sont oubliées, rattachées et archivées entre les pages des livres. Et si le chineur que je suis ne se lasse pas de se lever à l’aube de la saison pour marcher dans le froid entre les objets dont les gens se délestent c’est parce que la mine de mes souvenirs est sans fin. Souvenirs & découvertes, retrouvailles d’envies vieilles et raviver des désirs enfouis parce qu’à  l’époque nous n’avions pas le temps, le savoir, l’argent, la culture, l’habitude de cultiver cette envie là.

Du sport, de la poésie et la douceur acidulée de la culture populaire, pop culture de cinéma.

Quand est-ce que c’était ? Je ne saurais pas le dire exactement, nous étions à la fin de l’été quand les indiens jouent encore à se dorer au soleil dans la douceur du matin. Je chinais donc mes nouvelles amours de poésie, je fouinais tandis que le village vidait ses greniers lorsque je repère un livre simplement intitulé Nouvelle Anthologie Poétique avec Fernand Nathan qui s’affichait en bas de la couverture. Souvent dans le feu frais du matin j’oublie de réfléchir et de comprendre le sens des choses, je n’avais donc pas réalisé que Fernand Nathan n’était autre que le fondateur des éditions Nathan spécialisée dans les livres scolaires. Pour 1 euro j’ai acheté ce livre éditée en 1955 surtout parce qu’il contenait de la poésie, toutes sorties de poésies et d’auteurs. Mais ce qui fait le sel et donc la saveur de cet ouvrage c’est que c’est un ouvrage destiné aux écoliers et qu’à ce titre les poèmes sont accompagnés de question permettant l’analyse de texte. J’adore vraiment ces questions naïves, désuètes et pertinentes pour s’approprier les poètes et ça fait tout le sens je trouve de ce livre.

Plus fragile dans l’archéologie de mes souvenirs il y a un film d’un réalisateur devenu plutôt reconnu mais aux commandes discrètes d’un film pour enfant. J’ai un penchant naturel pour les jeux, les jouets et les dessins animés et si comme ma petite amie vous petit déjeuniez avec moi vous sauriez mon habitude à préférer les dessinés animés à I-télé pour m’accompagner. Et par extension il m’arrive de me retrouver au cinéma, seul, pour voir des films dont je ne suis pas le cœur de cible du public visé. Un jour je suis donc allé voir Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens, un film d’animation réalisé par Zack Snyder qui met en scène une chouette aspirant à appartenir à la grade du royaume pour le sauver. Étonnant de trouver Zack Snyder qui sortait à l’époque du très noir Watchmen et qui s’apprêter à sortir le très baroque Sucker Punch. Étonnant aussi je suppose de moi voir de chiner le livre tiré du film. Trouvé pour 1 euro, Le Royaume de Ga’Hoole, la légende des gardiens a réveillé ma nostalgie et j’avais envie de rendre hommage à ce penchant en moi pour les moments un peu désuet. C’est là un tout petit livre illustré par des images tirées du film, c’est dommage parce que la force du film c’était son animation plus que son graphisme. Mais bon, au vu de la dédicace intérieure, ce livre sera mieux avec moi pour qui il représente une part de mon histoire qu’avec le neuve ou la nièce à qui il a été offert en 2015 et qui le revend moins d’un an après.

Je ne peux pas évoquer le lien entre le fait de chiner et l’archéologie personnelle et culturelle sans parler de livres de sports parce que c’est en feuilletant des livres de sports que j’ai perçus, senti et verbaliser ce concept. Comme je l’explique souvent le sport c’est une des bases de ma culture familiale acquise dès le plus jeune âge, des noms d’athlètes, des souvenirs de télé et des émotions qui se partageaient en famille. Aujourd’hui j’aime parcourir cette architecture oubliée en moi en trouvant des livres de sports datés d’années antérieures au présent mais tournant dans l’époque de ma jeunesse. Par chance les gens n’accordent pas de valeur aux livres de sport, comme en général ils dénigrent aussi le sport en lui-même, on peut donc trouver ces livres à des prix très raisonnables. J’ai donc trouvé Wimbledon le livre officiel de l’année ’92 pour 1 euro. Je me suis d’ailleurs étonné de voir que l’ouvrage cote  une dizaine d’euros sur les sites d’occasions. Ce qui est étonnant c’est que j’ai presque hésité à l’acheter parce que j’étais plus Roland Garros que Wimbledon à cette époque, mais grand bien m’a fait de le prendre. Déjà parce que les vainqueurs de cette année là sont deux icônes du tennis qui ne savaient sûrement pas à l’époque qu’ils finiraient par se marier ; en effet les gagnants ne sont autres qu’André Agassi et Steffi Graf. Avec beaucoup de très belles photos j’ai eu le plaisir de retrouver Monica Seles, Jim Courier, les français Henri Leconte et Guy Forget, c’est aussi l’époque d’une passation de pouvoir entre John McEnroe et Pete Sampras bref beaucoup de noms de renom et des images superbes. Un excellent achat qui me pousse encore un peu à dessiner une collection de livres autour du sport.

3 nouveaux euros bien dépensés pour faire grandir la bibliothèque chinée dont le montant s'élève à 93,6 euros
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