Chiner sa bibliothèque #40 : Pour un peu de modernité

Publié le 3 Novembre 2016

Je chronique souvent des livres un peu anciens que je chine pour ce projet de quelques mois qui vise à chiner sa bibliothèque en dépensant peu d’argent. Je suis allé vers mes désirs de poésie et de science-fiction, quelques livres datés d’images de sports pour mon archéologie sportive personnelle et puis il y a le reste. Et si la saison de vide-grenier commence à être morne j’ai chiné suffisamment d’ouvrages pas encore chroniqués pour prétendre avoir de la matière pour l’hiver.

Je vais essayer ici de parler de quelques livres plus récents ? plus modernes ? Non, ce sont des termes déjà caducs. Peut-être des livres plus contemporains, ça me semble plus juste comme adjectif. Sourire paradoxal je commence avec un livre de 1996, littérature pour adolescent, ça tombe bien je l’étais encore à cette lointaine époque. Il est question de No Pasaran, le jeu un livre de Christian Lehman. Je ne sais rien de ce livre, j’ai vu sa couverture avec un visage de personnage digital, ça sonnait jeux vidéo, le titre sonnait jeux vidéo, et la quatrième de couverture ne dérogeait pas à l’impression :

Thierry et Eric n’avait jamais fait attention à cet insigne sur le blouson de leur copain Andreas,une décoration métallique parmi beaucoup d’autre. Jusqu’au jour où, dans une boutique de jeux, le vendeur avait pointé l’index vers l’insigne. C’était un vieil homme. Il s’était mis à crier, livide,. Ensuite, il leur avait donné le jeu. En fait, il leur avait ordonné d’y jouer.
Il n’y avait rien sur la boîte. A l’intérieur, une simple disquette, même pas un CD-Rom. Et pourtant, e qu’ils voyaient sur l’écran de l’ordinateur ne ressemblait à rien de ce qu’ils auraient osé imaginer.
« Choissez votre mode de jeu », dit la voix.
Mais il ne s’agissait pas vraiment d’un jeu. Il s’agissait plutôt d’un passeport pour l’enfer …

Je ne sais pas si ça va vous surprendre mais je me suis régulièrement penché sur la question du jeu vidéo et de la littérature, et plus d’une fois j’ai fait travailler mon cerveau en essayant de pondre une idée, un synopsis qui me permettrai d’écrire sur le jeu vidéo sans trahir le jeu vide ni tomber dans le baroque comme les films cultes que sont Tron ou Existenz. Même si je n’ai encore rien trouvé de valable ma curiosité sur la question est toujours vive et c’est pour elle que j’ai acheté ce livre. Je veux voir comment d’autres avant moi et dans une autre époque que la mienne ont retranscrit le jeu vidéo et même si j’ai peur de ce que je pourrais lire je vais lire ce livre avec ce qu’il y a de malsain dans la curiosité. (50 centimes)

Le second livre dont je vais parler a été écrit en 1953, effectivement paie ta modernité. Oui mais c’est un livre de William S. Burroughs. Je voudrais ne pas avoir à le présenter, parce qu’il devrait être une figure emblématique de notre culture contemporaine, auteur entre autre chose de la claque hallucinée qu’est Le Festin Nu, il a été une figure de la Beat Generation avec des auteurs comme Kerouac et Ginsberg et l’inventeur ou l’expérimentateur remarquable de la pratique du Cut Up. Et qu’importe l’âge de ses œuvres, leur puissance créative continue de traverser le monde littéraire. Le livre que j’ai trouvé pour chiner ma bibliothèque est le premier qu’il a publié. Il s’agit de Junky, un ouvrage qui suit de manière quasi documentaire la vie d’un drogué dans les années 50 aux États-Unis. Je suis vraiment très satisfait de faire entrer William S. Burroughs dans ma bibliothèque chinée, je le vois comme une figure forte qui devrait encore alimenter quelques esprits en quête d’ouverture critique. (1 euro)

J’ai lu Michel Houellebecq assez tôt et je le reconnais, j’ai aimé ses livres. Enfin j’ai aimé découvrir Michel Houellebecq au travers de ces premiers ouvrages. Puis, petit à petit je suis devenu grand, peut-être lucide, peut-être plus cynique que l’auteur lui-même ou tout simplement peut-être que mon goût s’est affiné à mesure que son œuvre régressait au lieu de transgressait. En 2010 je faisais déjà les vide-grenier, mais je n’y allais pas pour chiner, je m’y rendais pour vendre, faire le vide et un peu d’argent. Et je me souviens très bien qu’un jour de Novembre j’avais prévu d’aller les puces et je sélectionnais chez moi les objets, livres, films, et toutes les choses dont je voulais me séparer. Parmi les livres j’avais mis La possibilité d’une île le dernier Houellebecq que j’avais essayé de lire et qui m’était tombé des mains quelques fois avant que j’en vienne à bout. Je me souviens, j’allais et venais de la maison au garage en écoutant la radio et en vidant étagères et tiroirs. C’est là que j’entends, dans la radio, que le prix Goncourt avait été attribué à Michel Houellebecq pour La carte et le territoire. Je n’ai jamais accordé grande importance aux prix littéraires, pourtant en apprenant la nouvelle je suis allé rechercher La possibilité d’une île et je l’ai retiré des choses à vendre, simplement parce que l’auteur venait de gagner un prix. C’était plus un geste d’ironique symbolique qu’autre chose parce que ni l’auteur ni personne n’assistait à mon manège. Si je vous raconte tout cela c’est que je n’ai jamais acheté ni lu La carte et le territoire parce que même si je m’étais résolut à ne pas me débarrasser de l’île je n’estimais son auteur. Jusqu’à ce qu’un matin de septembre je trouve sous l’état d’un stand un carton avec quelques livres dont La carte et le territoire. J’ai hésité puis j’ai demandé son prix, c’est l’édition Flammarion de 2010 à qui il ne manque que son bandeau Prix Goncourt, et comme la somme était modeste j’ai craqué et je l’ai acheté. Il me reste à le lire, le maudire encore ou l’acclamer de nouveau. Un avenir me le dira. Avec ce livre c’est il me semble le second Prix Goncourt que je trouve pour chiner ma bibliothèque. (1euro)

Trois livres datés mais modernes dans l'esprit, en tout cas pour deux, ou pour un ou pour moi, mais qu'importe, vous avez quoi à dire ? (89,5 euros)
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