Madame menstrue

Publié le 13 Octobre 2016

Elle aimait la violence de la maladresse que son amante avait lorsqu’elle posait sa bouche sur la sienne et qu’elle s’aventurait les yeux fermés par la pudeur à l’embrasser. Elle embrassait avec la même fougue que celle déployée par les adolescentes lorsque celle-ci indécises préfèrent cacher leurs gênes et camoufler leurs inexpériences dans l'excès. Des années après ses premiers émois de collégienne elle n’avait rien oubliée et goûtait toujours avec autant de plaisir à la maladresse de ses amantes.

Lorsque son amante aura gagné en assurance et qu’elle développera une féminité saphique épanouie sans goût de honte ni de transgression pygmalienne viendra alors pour elle le temps de la quitter et de courir après les jupons d’une autre femme, une amie, une collègue, ou juste une compagne 2.0 rencontrée dans le trouble d’un changement de bord. Goûter à la maladresse qui renverse ses proies c’est la seule source de son excitation et de son désir.

Elle deviendra froide, elle ira au toilette la porte ouverte, elle se mettra à péter au lit et à se complaire dans l’odeur musquée de son anus. Elle offrira à son corps l’expression organique qu’elle déploie comme un modèle de destruction du rapport à l’autre ; une exposition de l’intérieur, un retournement charnel comme une déclaration de soi, et peut-être une guerre. Son impudeur de combat fini toujours par rappeler ses amantes à leur mari et leurs enfants.

Alors elle connaît des grands orgasmes lorsqu’elle souille ses dessous de sang et d’urine comme une dernière dépouille qu’elle offre à l’avenir ; pour certaines cultures le retournement des morts est un acte de respect, elle préfère à cela retourner les serviettes hygiéniques jusqu’à ce que le dégoût repousse sa partenaire ; ultime frontière organique qu’elle jubile jusqu’à dessiner sur son ventre et ses cuisses des tatouages grumeleux.

Et demain recommencer.

Madame menstrue

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Madame menstrue, #Divagations diverses, #autofiction

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