Est-ce que je peux dire : écrire ?

Publié le 21 Octobre 2016

Je ne sais pas trop comment expliciter mieux cette intuition qui me souffle que l'écriture en tant que forme littéraire ne peut advenir que dans une forme de travail. Cette impression que la vérité de l’écriture ne doit pas reposer sur l'incertitude de l'inspiration.

 

Peut-être qu'en lieu et place de "travail" je devrais substituer un terme comme technique ou science, un terme qui amène l'écriture dans une dimension plus ouvrière, plus prolétaire, plus ancrée dans une pratique physique, un geste, une réalité, une sueur, une forme d'abnégation du corps et de l'esprit.

 

J’ai du mal à estimer cette écriture qui naît sous l'emphase d’une inspiration. L'écriture sous sa forme la plus romantique, presque mystique, avec l’idée que l’auteur doit être dans la soumission vis-à-vis d’une force exogène qui préexisterait à l’extérieur de sa conscience ce n'est pas ce que je reconnais comme de l'écriture. C’est une forme littéraire réelle parce que je sais qu’elle existe et que beaucoup de personnes la poursuivent et la pratiquent. Mais j’ai du mal à supposer cette forme de rédaction comme une écriture littéraire.

 

Évidemment nous nageons dans l’approximation des termes, parce qu’écrire c’est former des pensées et des idées en assemblant des lettres qui dans une langue donnée forment des mots. Oui écrire c’est cela et c’est difficilement discutable. Mais j’entends aussi écrire comme une forme de création particulière qui se constitue avec de l’écriture, des écrits, mais qui n’est pas écrire au sens littéral.

 

Bien sûr qu’il est horriblement prétentieux de dire cela et d’ailleurs je ne compte pas faire du prosélytisme à partir de cette conception. C’est juste la mienne, juste une intuition, une impression. Je ne dénigre pas l’écriture qui naît à l’instinct et à l’inspiration et qui noircie des pages sans avoir la sensation de travailler ou de penser son écrit à froid. Cette forme là existe, et parfois je la jalouse parce que je ne la connais pas. Ce sont deux formes de production de texte qui cohabitent devant moi et moi je ne suis doué qu’avec une de ces deux formes. Bien sûr j’ai d’instinct l’impression que cette forme que j’ai acquise est la meilleure parce qu’elle cherche à se retirer de l’incertitude de sentiments et de sensations relativistes mais je n’en ai pas la certitude, pas encore.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #écrire, #Réflexion

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nicole 22/10/2016 09:36

je trouve ta pensée trés juste