Chiner sa bibliothèque # hors série Diana Flash

Publié le 8 Octobre 2016

Diana. C’est le prénom d’une reine, plutôt celui d’une princesse qui aurait dû devenir reine si le destin tragiquement routier n’avait pas fini sa route dans un chaos accidenté sous un tunnel parisien. Mais qu’importe puisque Diana n’est pas une personne ; ni homme ni femme cette Diana là est une machine, rustique et chinoise comme une paysages dans une rizière.

Oui la Diana que j’ai rencontré ce matin dans un vide-grenier est une caméra ; oui, je vous parle de mademoiselle Diana flash appareil photo plutôt mythique qui est passé du rang de prolétaire laborieux de la photographie à celui d’idole et d’égérie d’un mouvement artistique, la lomographie qui a inopinément donné aux toy’s camera des lettres de noblesses qu’elles portent fièrement comme on porte un oxymore.

D’instinct j’ai toujours été sensible aux photos ratées, au flou, au grain, aux aberrations chromatiques et à ce qui émerge lorsque le hasard se mêle d’art ou de photographie. J’étais sensible aux ratés, mais je ne savais rien de la lomographie jusqu’à ce que découvre le mouvement à la fac. Alors oui, forcément j’ai vite adhéré à l’esprit lo-fi de la lomographie que je me suis amusé à parcourir et pratiquer avec des appareils jetables. Et puis ce matin en chinant je vois un appareil Diana, avec sa boite, son flash et même sa notice. Il était là, posé parterre, je demande le prix et la vendeuse me dit 3 euros. J’ai acheté un Diana neuf, moderne et bobo pour l’offrir, je sais donc que les jouets modernes valent au moins une trentaine d’euros quand ce n’est pas plus. Et là 3 euros, c’est bien peu, mais vide-grenier oblige je tente une petite négociation. C’est idiot, mais lorsque je discute le prix d’un objet dont je ne connais pas la valeur, ou d’un objet qui m’importe peu parce que je suis presque sûr de le retrouver plus tard je négocie avec amusant et sans pression. Mais lorsque là je tente de réduire d’un euro le prix de ce Diana flash j’ai un excès d’adrénaline parce que je connais un peu l’objet et sa valeur relative.

Et la vendeuse qui semble soulagée de se débarrasser de sa vieillerie accepte mon prix sans hésiter. Je repars donc avec un appareil photo Diana flash, avec son flash, sa boîte et sa notice qui semble être en état de marche. En même temps vu l’architecture archaïque de ces appareils photos, difficiles qu’ils tombent en panne et même quand ils dysfonctionnent c’est ce que l’on attend d’eux. J’ai bien fait garder de vieilles pellicules argentiques, je vais pouvoir les ressortir de leur oublie et les exposer.

Si je me sens particulièrement en joie de cette trouvaille ce n’est pas pour son prix ou sa valeur iconique (quoi que …) mais c’est parce que je suis en train de terminer mon premier recueil de poésie et j’ai envie d’y mettre en couverture une photo comme je les aime, floues, granuleuses et évocatrices.

un Diana Flash quasi complet (il manque la dragonne) pour 2 euros ; ce n'est rien mais ça me fait plaisir. Je préfère payer ça 2 euros que 30 euros, logique non ?
un Diana Flash quasi complet (il manque la dragonne) pour 2 euros ; ce n'est rien mais ça me fait plaisir. Je préfère payer ça 2 euros que 30 euros, logique non ?
un Diana Flash quasi complet (il manque la dragonne) pour 2 euros ; ce n'est rien mais ça me fait plaisir. Je préfère payer ça 2 euros que 30 euros, logique non ?

un Diana Flash quasi complet (il manque la dragonne) pour 2 euros ; ce n'est rien mais ça me fait plaisir. Je préfère payer ça 2 euros que 30 euros, logique non ?

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chiner, #videgrenier, #vide grenier, #bibliothèque, #brocante, #Pictogranimation

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