Chiner sa bibliothèque #36 Sport et art

Publié le 18 Octobre 2016

1991 l’athlétisme entre dans ma vie par le biais du petit écran, des championnats du monde d’athlétisme et de la passion électrique, électrique et contagieuse qui anime la famille autour de ce rituel télévisuel fiévreux. Je ne dois pas encore avoir treize ans mais je tombe dans cette passion de spectateur, la ferveur et le plaisir qui se partagent autour des noms, des corps et des chiffres qui codent les performances et que l’on apprend avec ma sœur comme d’autres enfants ont sûrement appris des prières sacrées. L’année d’après la passion se confirme avec les jeux olympiques de Barcelone qui ouvre cette drôle de religion sportive à d’autres saints que ceux de l’athlétisme. C’est à cette époque toujours que j’entre dans la culture du supporter du foot, la première vraie coupe du monde que j’ai suivie avec l’assiduité d’un jeune supporter c’est celle de 90. Bien sûr j’ai de vagues et lointains souvenirs de la main de dieu en 86 et de mon père qui regardait le match avec des cousins plus âgés. De la même manière j’ai découvert l’olympisme avec Barcelone mais j’ai des bribes de souvenirs du 100 mètres de Séoul sacré et salie par la Ben Johnson.

 

Tout s’est joué là, à l’entrée de la dernière décennie du siècle. Ces graines de la passion de supporter n’ont jamais démenties leur force. C’est avec cette force, cette fougue, cette envie d’en voir, d’en percevoir et d’en ressentir toujours plus que je me suis retrouvé dans des stades d’athlétisme pour palpiter au rythme des championnats du monde à Séville, à Athènes, à Paris, à Osaka. Si je voulais parfaire mon introduction je devrais aussi parler de ma naissance à la photographie, ma passion pour les images et pour la réflexion, le savoir, la culture et la culture des images, mais si j’entre dans ce genre de détail mon introduction finira par avoir des allures d’autobiographie alors que je ne suis là que pour vous chroniquer l’entrée de quelques ouvrages dans la bibliothèque chinée.

 

Le premier de ces livres c’est Séoul 88, les 24es Jeux Olympiques au jour le jour et vous comprenez je suppose un peu mieux l’angle de mon introduction. C’est un joli livre de photos aux éditions Solar et France Loisir qui date sans surprise de 1988. Et comme son titre est très honnête, il relate jour par jour le déroulement de ces jeux olympiques, bien sûr en préférant les images chocs ou marquantes comme le plongeur Greg Louganis connu pour s’être ouvert la crâne sur le plongeoir en ratant un saut, qui reviendra avec ses points de sutures pour remporter le titre. Nageurs, sprinteurs, et tous les autres sont là, des noms que j’ai connus et d’autres que je redécouvre. J’aime beaucoup faire cette lecture rétroactive du sport, observer les corps trente années en arrière, regarder les équipements, les mouvements et voir comment l’émotion d’un moment se transporte dans le temps. Qui imaginait en 1988 que Jean-françois Lamour cet escrimeur champion olympique deviendrait ministre et député ? Un livre avec surtout des images, et ces images me parlent, elles me parlent du sport et elles parlent à ma nostalgie comme elles parlent à mon regard ; livre acheté pour 1 euro. Je suis très content de cet achat.

 

Le second ouvrage est sobrement intitulé Athlétisme Dieux et Déesses. Je crois que cette fois nous sommes en plein dedans. Sur la couverture avant la silhouette emblématique de Carl Lewis. Sur la couverture arrière la silhouette sculpturale de Merlene Ottey, le ton est donné ; ce sont là deux figures intimes élevées au rang de mythe, le titre n’était pas mensonger.  C’est un ouvrage édité aux éditions Messidor en mai 1991, quelques semaines avant les championnats du monde d’athlétisme de Tokyo. Ce livre se présente comme un menu de ces championnats à venir, pour chaque discipline il présente les grands noms, les stars, les possibles vainqueurs. Pour chaque épreuve, pour chaque sportif, un texte, des photos et tellement de souvenir qui me reviennent. Il y a ceux que j’ai vu courir, ceux dont j’ai entendu le nom, ceux que je découvre et il y a ceux qui n’étaient pas encore devenus les légendes qu’ils deviendront. Le livre n’est pas épais mais il est généreux en noms, en photos et en émotions qu’il me procure. Lui aussi je l’ai acheté pour 1 euro, ce qui me paraît être un très bon prix au regard des émotions que j’y retrouve. En plus ces deux ouvrages qui ont plus de 25 ans sont dans un parfait état, intérieur et extérieur.

 

Je pourrais arrêter cet article ici parce que je n’ai pas chiné d’autres livres de sport ce week-end, mais pour évacuer la possibilité d’un retard je vais continuer en trouvant un drôle de fil conducteur. Ce fil c’est Barcelone, berceau de ma rencontre avec l’olympisme et terre d’expression d’un architecte que j’ai découvert lors de mes dernières vacances avec ma petite amie : Antoni Gaudi. Et donc ce week-end j’ai rencontré un petit livre qui s’appelle Gaudi, une introduction à son architecture chiné pour 2 euros. Le prix n’est pas la meilleure affaire que j’ai faite, mais après avoir pris une très grosse claque en rencontrant l’architecture de ce personnage hors norme, architecte et artiste et assurément immense génie de son temps et des temps futurs, je n’avais pas envie de négocier le prix, je voulais juste repartir avec l’ouvrage. Il contient un essai de Juan-Eduardo Cirlot sur l’œuvre de Gaudi illustré par de nombreuses et très belles photographies de ses réalisations. Avec ce livre je vais pouvoir poursuivre la découverte du travail fascinant et renversant de force et de modernité de Gaudi et c’est là une perspective qui me réjouis parce que j’ai vraiment eu un coup de foudre pour l’esprit de cet homme dont je pressens la grandeur.

Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey
Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey
Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey

Le jeune Segueï Bubka respire cette nostalgie que j'aime retrouver comme la féline Merlenne Ottey

Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura
Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura
Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura

Séoul prémince d'une passion que je ne connaissais pas encore en direct mais dont j'ai reçu l'aura

 Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.
 Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.

Voilà 4 euros bien dépensés qui font monter la somme totale des dépenses pour chiner sa bibliothèque à 78 euros.

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