Chiner sa bibliothèque #35 Des monstres, de la poésie et des gothiques électriques

Publié le 11 Octobre 2016

Il y a dix jours ou peut-être quinze, bref durant une des dernières sessions de vide-grenier j’avais chiné pour dix centimes le Frankenstein de Mary Shelley. C’est un ouvrage que je trouve assez beau, épais et large, avec une couverture rigide qui tient bien dans les mains et avec des pages au grain juste assez rugueux pour se rappeler au plaisir de les tourner. Ce week-end ci j’ai encore chiné le Frankenstein de Mary Shelley, mais cette fois il n’est pas seul. C’est un fait un épais volume d’une collection nommée Les chefs d’œuvres de la Science-fiction et du Fantastique et qui contient en plus du corps rapiécé de Frankenstein, Dr Jekyll et Mr Hyde de R.L Stevenson lui aussi bien connu, ou devrais-je dire eux aussi bien connus, et un texte de Mathew Lewis qui se nomme Le Moine et que je ne connais absolument pas. Mais vu les colocataires de ce moine présents dans ce recueil j’imagine que sa vie monacale est plutôt sombre, gothique et glauque ... C’est encore là un objet épais et beau ; si la couverture rappelle bien l’esprit de son époque, le livre est édité en 1975, ce sont surtout les illustrations qui accompagnent les textes qui donnent la saveur esthétique de l’ouvrage. Des illustrations en mauve sur fond blanc, mauve comme la couleur peu courante choisie pour la typologie de ce livre qui lui confer cette esthétique séduisante. Outre quelques illustrations pleines pages qui ouvrent et clôturent les textes, je suis surtout sous le charme des petites illustrations qui encadrent chaque page comme d’étranges enluminures. J’imagine que ce genre de dessins décoratifs et fonctionnels portent un nom précis mais je l’ignore, et si quelqu’un peut m’éclairer sur cette question je serai satisfait de mes lecteurs.

Donc sur chaque page de gauche se trouve un dessin assez énigmatique que je pourrais décrire comme un dessin de coupe d’un insecte étrange ou d’un crâne d’animal inconnu. Ce dessin enserre les numéros de pages, de la page de gauche et de celle de droite. Sur la page de droite et sur le même principe se trouve un dessin énigmatique pouvant rappeler des coupes naturalistes de végétaux ou d’animaux bizarres qui cette fois enserrent une citation tiré de la page en court de lecture. Ces dessins donnent bien le ton et sans même avoir encore lu un des textes contenus dans l’ouvrage on perçoit l’ambiance et on se laisse emporter dans l’étrange et le bizarre. Je ne sais pas si c’est très à propos mais j’imagine très bien ce genre d’ouvrage ou de dessins dans le mythe de Cthulhu. Si j’ai insisté sur l’aspect esthétique de cet ouvrage et de celui chiné la semaine d’avant c’est que la nature de l’objet me donne envie de lire Frankenstein ; je suis attiré à lui parce que l’objet qui le porte me plait. Je vais donc essayer de trouver le temps d’entrer dans ce livre là.

Il y a trois romans dans un seul livre et ce seul livre je l’ai payé un seul euro.

J'avance, je progresse et j'essaie toujours de faire au mieux ou au moins pire pour illustrer mes articles. Dites moi ce que vous en pensez si vous en pensez quelque chose
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J'avance, je progresse et j'essaie toujours de faire au mieux ou au moins pire pour illustrer mes articles. Dites moi ce que vous en pensez si vous en pensez quelque chose

Vous le savez sûrement maintenant si vous me suivez depuis quelques temps ; lorsque je pars en vide-grenier pour chiner ma bibliothèque j’essaie toujours de revenir avec de la poésie (et avec un exemplaire des Fleurs du Mal aussi). Ce week-end je suis content d’avoir chiné un recueil de Paul Eluard publié chez Poésie/Gallimard. C’est La Vie immédiate recueil sur l’amour suivi de La Rose publique et de Les Yeux fertiles et ce sont principalement des œuvres tournées sur l’amour lorsqu’il est un tout partagé. Je ne suis pas un grand amoureux, je ne suis même pas un bon amoureux, mais j’appréhende de mieux en mieux la poésie, la poésie d’amour, de désir ou de romance. Qui sait, peut-être qu’à terme je finirai par comprendre l’amour comme j’ai fini par comprendre la poésie ; avant je ne voyais en elle qu’une posture facile et outrancière, curieusement c’est aussi ce que je reproche à l’amour. Alors oui, qui sait, la lecture de l’une me fera peut-être comprendre la nature de l’autre. Comme souvent les gens se débarrassent de la poésie à moindre frais et moi j’ai pu acheter cet ouvrage pour 50 centimes ; la couverture bien protégée me laisse supposer que c’est un livre de classe, mais en même temps son état est parfait même s’il a été édité en 1971 ; alors soit les élèves des années soixante-dix étaient vraiment très précautionneux, soit je me suis fait un film et ce n’est pas un livre acheté pour l’école.

Du coq électronique à l’âne électrique j’enchaîne avec encore un recueil. Cette fois pas de la poésie mais de la science-fiction et pas n’importe laquelle ; celle qui naît sous la plume de Philip K. Dick. Je ne sais plus où ni quand j’ai déjà parlé de cet auteur ; il est le premier auteur de roman et de science-fiction que je me suis approprié. Dans la jeunesse il y a les livres que l’on est obligé de lire pour l’école, les ouvrages que l’on reçoit en cadeau avec l’obligation implicite de les lire pour faire plaisir à grand-mère, les livres que l’on s’oblige à lire par mimétisme pour s’intégrer au groupe, ceux encore conseillés par nos parents et puis enfin il y a les livres et les auteurs que l’on rencontre soi et qui soudain nous font oublier toutes les lectures sous contraintes que l’on a connu avant. On découvre le plaisir de lire pour et par soi et souvent l’auteur de cette révélation minuscule gagne une place importante dans notre mythologie personnelle. Philip K. Dick est cet auteur que j’ai lu avec le plaisir grandissant de la découverte. Si je ne me trompe pas c’est le premier ouvrage de cet auteur que je réussi à chiner pour ma bibliothèque, en plus pour 50 centimes, j’en suis très content. La couverture affiche comme titre Total Recall mémoires programmées sur un fond d’affiche de film, le film de 2012 et pas celui de 1990. Philip K. Dick a inspiré énormément de scénarios pour le cinéma et ses nouvelles ont souvent fini en bon film de SF. Ce livre est un recueil de neuf nouvelles parmi lesquelles on retrouve la nouvelle à l’origine de Total Recall et qui s’appelle Souvenirs à vendre. Même si j’aime beaucoup l’auteur j’ai surtout lu ses romans et quasiment aucune de ses nouvelles, voilà donc une occasion de me rattraper. Un petit détail amusant, le recueil contient la nouvelle Rapport Minoritaire qui est à l’origine du film Minority Report et sur la quatrième de couverture il est écrit que cet ouvrage a été précédemment publié sous le titre de Minority Report nous rappelant ainsi que l’éditeur a bien le droit de profiter d’une sortie cinéma d’un film inspiré d’une nouvelle de Dick pour rééditer son livre et profiter d’un peu de promo.

Après avoir trouvé Alien 3 et Mad Max au-delà du dôme du tonnerre, je m’étais dis que j’allais peut-être constituer une collection de romans adaptés de grands films de SF. Et je viens de me rendre compte que je pourrais ranger ce Total Recall mémoires programmées dans cette catégorie là, sauf que c’est l’ouvrage qui contient la nouvelle qui a donné naissance au film et non l’inverse. Mais le livre est vendu comme un objet de promotion du remake de 2012 … rahh quel dilemme fou.

Encore une fois plus j’affine mes goûts et mes exigences en terme d’ouvrages chinés en vide-grenier et plus j’entre des livres que j’aime et qui me parlent. Jusqu’à présent j’ai déboursé 74 euros pour cette bibliothèque chinée en vide-grenier.
Encore une fois plus j’affine mes goûts et mes exigences en terme d’ouvrages chinés en vide-grenier et plus j’entre des livres que j’aime et qui me parlent. Jusqu’à présent j’ai déboursé 74 euros pour cette bibliothèque chinée en vide-grenier.

Encore une fois plus j’affine mes goûts et mes exigences en terme d’ouvrages chinés en vide-grenier et plus j’entre des livres que j’aime et qui me parlent. Jusqu’à présent j’ai déboursé 74 euros pour cette bibliothèque chinée en vide-grenier.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #livre, #SF, #videgrenier, #vide grenier, #chiner, #bibliothèque, #brocante

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