Chiner sa bibliothèque #34 ; Saint-Exupéry et Les Fleurs du Mal

Publié le 10 Octobre 2016

Il y a des œuvres culturelles qui entrent en nous non pas par lecture ou visionnage mais plutôt par osmose. Ce sont généralement ces objets culturels qui font les habitudes de nos parents, les chanteurs, les livres, les films qu’ils aiment et qu’ils consommaient avec nous à leurs côtés dès notre enfance. Et à force de côtoyer nos parents et leurs habitudes de consommation culturelles, sans y prêter vraiment attention leurs lubies laissent en nous des traces de proximité ; c’est ainsi que l’on peut connaître tout le répertoire de Sardou, Renaud, ou celui de Johnny Hallyday sans avoir jamais voulu les écouter, c’est comme cela aussi que l’on peut se retrouver empreint de la prose d’auteurs plus ou moins populaire pouvant balayer un spectre de Verlaine à Mussot.

Petit à petit, ces figures culturelles que l’on n’a pas choisies et que souvent l’on n’a jamais lu ou entendu directement dans un geste actif deviennent des figures de proximité, comme un membre de la famille éloignée que l’on ne voit jamais mais pour qui on éprouve une forme de tendresse lorsque l’on entend son nom ; ce grand-père que l’on n’a pas connu, cet oncle qui vit à l’étranger, personnages qui émeuvent nos parents et qui par empathie nous émeuvent nous. Pour moi c’est avec Antoine de Saint-Exupéry que j’ai ce genre de relation parce que cet homme est un auteur qui a toujours pu et parlé à ma mère. Comme d’autres enfants je suppose et j’espère, elle m’a souvent raconté l’histoire du petit Prince et maintenant qu’à mon tour j’écris elle me parle souvent de la part d’auteur qui se trouvait dans l’aviateur.

Voilà pourquoi samedi matin j’étais heureux de trouver trois ouvrages de Saint-Exupéry en vide-grenier. Il y avait Citadelle épais volume qui porte son œuvre posthume éditée en 1948, Vol de nuit roman pau en 1931 qui fait la part belle au pilote qu’était aussi Antoine de Saint-Exupéry et Pilote de guerre un ouvrage rédigé pendant son exil à New york, livre qu’il écrit et qu’il publie en 1942 dans le but d’aider les américains à prendre la décision d’entrer en guerre contre l’Allemagne. La vendeuse, sympathique et joviale que je retrouverai le lendemain sur un autre vide-grenier et à qui on achètera avec ma petite amie deux boîtes à bijoux en bois, voulait 3 euros pour les trois livres. Comme c’est Saint-Exupéry et que j’ai pour cet auteur un lien presque maternelle, je n’ai pas eu idée de négocier le prix ; l’essentiel n’était pas la bonne affaire mais surtout de chiner trois ouvrages d’un auteur important dans la littérature française mais surtout dans notre histoire familiale. J’offrirais à ma mère les livres qu’elle n’a pas encore lus et je ferais entrer avec plaisir et honneur les autres ouvrages dans le projet chiner sa bibliothèque.

Même journée et même matinée fraîche mais belle sous le soleil et ses indiens du moins d’octobre, je chine un nouvel exemplaire de ma très petite collection des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. C’est le cinquième ouvrages recueillant Les Fleurs du Mal que je ramène ; la quatrième édition différente. Je n’ai pas trouvé la date de cette édition, mais tout porte à croire qu’elle est très récente, voir extrêmement récente. C’est un livre éditée par les éditions paperview dans la collection Les classiques de la littérature La Provence. Pour tous les étrangers à la région il faut entendre La Provence comme le quotidien régional et non comme le lieu géographique évidemment. Mine de rien cette édition a une qualité c’est la photographie du poète choisie pour illustrer la couverture en pleine page. C’est une photo de Charles Baudelaire prise par Nadar, et Nadar est déjà par lui-même et par son œuvre protéiforme un artiste intéressant, entre autre chose il sera le photographe des artistes de son siècle ce qui explique que Baudelaire passe devant son objectif. Il faut ajouter à cela une particularité du poète vis-à-vis de la photographie, c’est qu’il ne la porte pas vraiment dans son estime, il est l’auteur de quelques saillies visant à remettre la photographie à sa place, c'est-à-dire comme une humble servante des arts. Il écrira ainsi « […] Il faut donc qu'elle rentre dans son véritable devoir, qui est d'être la servante des sciences et des arts, mais la très humble servante, comme l'imprimerie et la sténographie, qui n'ont ni créé ni suppléé la littérature. ». En regard du regard critique qu’il porte sur la photographie je trouve amusant et audacieux d’avoir choisi pour couverture une photographie où le poète est saisi dans l’expression de son regard affûté et intense. Enfin, quoi qu’il en soit me collection du recueillant Les Fleurs du Mal grandie petit à petit et cela m’amuse toujours. Comptez 50 centimes dépensés pour acquérir cet ouvrage et je pourrais clôturer cet article. Merci.

Avec cet achat la somme totale dépensée pour constituer la bibliothèque chinée s’élève à 72 euros. Actuellement la bibliothèque chinée en vide-grenier compte plus d’une centaine d’ouvrages en tout genre (106 si mes comptes sont bons)
Avec cet achat la somme totale dépensée pour constituer la bibliothèque chinée s’élève à 72 euros. Actuellement la bibliothèque chinée en vide-grenier compte plus d’une centaine d’ouvrages en tout genre (106 si mes comptes sont bons)

Avec cet achat la somme totale dépensée pour constituer la bibliothèque chinée s’élève à 72 euros. Actuellement la bibliothèque chinée en vide-grenier compte plus d’une centaine d’ouvrages en tout genre (106 si mes comptes sont bons)

Rédigé par Monsieur Ray

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