Chiner sa bibliothèque #33 : livre photo érotique et photo du monde

Publié le 5 Octobre 2016

L’adolescence est le temps des passions, des émois et de la matière grise si ductile que toutes les émotions perçues, vécues et ressenties peuvent y laisser une trace indélébile et délicieuse dans laquelle coule le ruisseau de la nostalgie, celui là même qui arrose souvent les graines de la passion. Outre une passion relative pour singer l’emphase romantique en me moquant de moi, mon adolescence a été le lieu nécessaire et évidant de mes premiers émois érotiques ; ceux qui précèdent ou accompagnent les premières pulsions pornographiques. Comme beaucoup d’homme de ma génération je crois, je trouvais les premières femmes érotiques sur le papier glacé et palpable des catalogue de vente par correspondance. Ne vous moquez pas, je vous parle d’un temps d’avant internet, et ne vous y trompez pas, les catalogues étaient déjà en couleur, comme la télévision. Et un jour que je cherchais dans le grenier des magazines à découper pour faire du collage je suis tombé par chance et par hasard sur quelques numéros perdus dans le grenier du magazine photo Photo. Photo est un magazine qui traite de la photographie sous tous ces aspects, reportages, créations, technique, mode, mais aussi (et surtout) le nu artistique dont il orne la plus part de ces couvertures. C’était ainsi la première fois que j’étais confronté à des images de femmes ouvertement érotiques – autant les femmes que les images – et cela a été une révélation. Je ne peux pas dire qu’elle âge j’avais mais nous étions au début des années 90 ou à la fin des années 80. L’imagerie était léchée, les photos artistiques et les femmes avaient les seins nus, et parfois plus.

C’est là une forme d’érotisme qui m’a beaucoup marqué, pas tant l’imagerie des années 90 mais le support photo et je suppose que c’est un peu pour cette raison qu’ensuite j’ai toujours été plus sensible à la pornographie et à l’érotisme sur papier que celui en vidéo, et je me dis que ceux qui consomment plus de vidéo pornographique que de photos sont sûrement ceux qui ont rencontré ce genre d’abord en image mobile.

Et tout ceci clos mon impudique introduction qui m’amène à deux ouvrages chinés en vide-grenier le même week-end de septembre. Je vais commencer par vous parler de La photographie et le charme féminin, un livre de la collection L’univers de la photographie édité en 1984 aux éditions Christophe Colomb. Comme son titre l’indique avec une formule assez alambiquée je trouve, c’est un livre sur la photographie et sur le Charme féminin comme genre photographique. On y trouve donc des images de charme évidement et c’est bien là la raison de mon achat, mais aussi beaucoup de textes, de conseils et de réflexions technique pour réussir ses photos de charmes ; éclaires, matériels, maquillages, poses, décors, modèles, etc. l’ouvrage cherche à être objectif, riche et bien documenté et même si certaines remarques prêtes à sourire parce qu’elles reflètent avant tout l’esprit de l’époque j’avoue que le livre atteint son objectif de rendre accessible la photographie et le charme féminin. Bien sûr je ne suis pas dupe et je ne doute pas une seconde que ce genre d’ouvrages étaient avant tout des prétextes à publier des photos de charmes, des femmes nues, des seins, des fesses, des demoiselles en sous vêtement et des poses lascives toujours éclairer par une justification technique. Outre le plaisir sensuel de retrouver le charme érotique de cette imagerie un peu datée, un peu désuète qui est à la source de ma construction érotique, La photographie et le charme féminin propose des chapitres plutôt très intéressant sur quelques grands noms de la photographie de charme de l’époque, enfin de la photographie de mode et de publicité parce que c’était déjà elle la principale matrice de la photo de charme. On retrouve ainsi le romantisme de David Hamilton qui passe énormément de temps en Scandinavie, recherchant dans les campagnes ce qu’il considère comme le modèle parfait : élancé, les cheveux longs, le teint clair, la silhouette encore inachevée mais aussi des photographes comme Robert Farber, John Swannell  ou encore Irina Ionesco. Ces pages qui nous font entrer dans le style de tel ou tel photographe sont vraiment les plus intéressantes. Et ce livre là je l’ai quand même payé la somme de 2 euros, pour un ouvrage vraiment en parfait état.

La photographe et le charme féminin exprime cet érotisme un peu désuet qui s'attache à l'esthétique des années 80

La photographe et le charme féminin exprime cet érotisme un peu désuet qui s'attache à l'esthétique des années 80

Pour faire entrer ces quatre ouvrages dans la bilbiothèque chinée j'aurai déboursé 7 euros ce qui monte la somme totale dépensée à 68,5 euros.

Pour faire entrer ces quatre ouvrages dans la bilbiothèque chinée j'aurai déboursé 7 euros ce qui monte la somme totale dépensée à 68,5 euros.

Durant le même week-end mais pas sur le même vide-grenier je tombe sur un ouvrage de photo lui aussi proposant de nous enseigner L’art de photographier la femme. Hasard du calendrier ce livre date lui aussi de 1984, édité aux éditions Seitec dans la collection Top Prestige. Bon si on regarde la couverture on cherche encore le prestige derrière cette imagerie tellement ancrée et datée dans les années 80 avec sa blonde peroxydée à la choucroute surexposée qui prend une pose non naturelle dans un parfait justaucorps rose fluo. Au regard de cet ouvrage La photographie et le charme féminin apparaît comme un beau livre, élégant et richement constitué. Ici avec L’art de photographier la femme nous entrons dans un univers plus tape à l’œil avec un érotisme plus marqué par son époque et un visuel très agressif. On retrouve globalement la même forme que dans le précédant ouvrage avec des chapitres qui abordent tous les thèmes de la photographie du modèle au matériel, avec toujours des images et du texte. Mais ici le texte est plus succins, les conseils plus laconiques ce qui je vous laisse deviner donne plus de place aux photographies. C’est curieux parce que les deux ouvrages dates de la même année et pourtant le second est bien plus désuet, souvent drôle par l’anachronisme inverse de ces conseils ; enfin ça reste aussi amusant que sujet de curiosité que de regarder les conseils sur les filtres et les gélatines pour composer des images aux couleurs exotiques à l’heure des applications et des filtres instagram et il est difficile de ne pas se moquer lorsque l’on voit les images réaliser avec le light painting. La même chose avec le chapitre sur la photographie érotique qui rappelle quelque chose qui est toujours vrai d’ailleurs ; il est important de garder à l’esprit que la photographie érotique ne doit en aucun cas faire preuve de mauvais goût. C’est drôle parce que si le conseil est toujours vrai, la notion de bon et mauvais goût à quelque peu évoluer en trente ans. Quoi qu’il en soit, j’ai payé ce livre 1 euro et je suis très content de le ranger dans ma bibliothèque parce qu’il exhale un parfum d’érotisme désuet qui caresse ma nostalgie.

Sans vraiment de rapport je passe à un autre livre d’images, Les stars du basket américain à qui l’on a prêté la signature de George Eddy. Un rapport entre des livres de photos de charme et ce livre sur le basket américain il y en a un, c’est que j’ai rencontré les deux univers à la même époque, en plein de mon adolescence. Le basket show time des états unis je l’ai rencontré grâce à la Dream Team des jeux olympiques de 1992 et cet ouvrage date de 1993. Aujourd’hui encore j’aime la photo de charme et la NBA ; preuve s’il en fallait une que ma matière grise ductile d’adolescent c’est laissée empreinter par ces deux univers. Les stars du basket américain est un grand livre par son format, avec beaucoup de jolies photos de basket et des textes de George Eddy commentateur et ambassadeur emblématique du basket et de la NBA en France. L’ouvrage se divise en chapitres traitant de la Dream Team, de Michael Jodran et des Bulls, des Lakers, des Celtics, des universitaires et des smasheurs en NBA, bref c’est une bonne façon de parfaire ma culture basket et de profiter encore et toujours de photos à qui le format du livre rend un bel hommage. En plus si la couverture porte les traces de l’usure du temps, les pages sont en parfait état. Ce livre va rejoindre dans la bibliothèque chinée un autre livre chiné autour de ce sport, Les nouvelles stars du basket américain.

Dream Team et smasheurs fous pour quelques pages d'histoire de la NBA

Dream Team et smasheurs fous pour quelques pages d'histoire de la NBA

Pour terminer cette chronique des livres d’images et de photos que j’ai pu chiner en vide-grenier ces derniers temps voici Notre siècle en images aux éditions Solar. Lorsque j’ai vu la couverture de cet ouvrage avec une photo de Robert Capa sur la guerre d’Espagne, mais aussi Marylin, Eisenstein et un cosmonaute j’ai supposé tenir entre les mains un classique livre d’images contenant toutes sortes de photographies emblématiques de notre siècle, ce qui semblait logique vu le titre du livre. En réalité il s’agit plutôt d’un livre d’histoire qui offre un large panorama d’événements et de personnalités qui ont marqués l’histoire du XXe siècle. Et pour chaque étape de ce livre qui déroule l’histoire de notre monde de 1900 à 1998 on trouve une photographie, souvent choque, photo de reportage puissante et parfois rare. C’est une bonne surprise que d’avoir acheté cet ouvrage pour le projet chiner sa bibliothèque et découvrir ensuite qu’au lieu d’un livre photo classique avec des images vues et souvent revues, il s’agit d’un livre de photographies historiques qui cartographie sans complaisance les guerres, les drames et les personnalités qui ont marqué ce siècle là. Et au milieu de ces images de conflits, d’exécutions sommaires, de destructions et autres tragédies il est curieux de voir quelques images plus légères d’icônes ou d’égéries des décennies passées ainsi que l’épique de France victorieuse de la coupe du monde 98 qui clôture ce livre. C’est un ouvrage chiné pour 3 euros qui entre fièrement dans la bibliothèque elle-même chinée. Outre le fait que j’aime la photographie et en particulière la photographie de reportage, je trouve qu’il est important de ce confronter à ces images d’une part pour la valeur historique mais aussi pour continuer de forger son regard et d’affiner sa compréhension des images.

Heureux celui a qui écrit cet article, chroniqué l’entrée de quatre ouvrage dans la bibliothèque chinée et qui va donc pouvoir les retirer de la zone des objets en transite pour les ranger physiquement dans la bibliothèque où je pourrais les consulter à loisir.

Et comme toujours n'oublions pas de cliquer sur les images pour les grandir un peu

Et comme toujours n'oublions pas de cliquer sur les images pour les grandir un peu

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