Sans tête ni cou

Publié le 8 Septembre 2016

Sa femme était en train d’avoir ses règles sur leur guitare électrique. Ce n’était pas plus gore que d’habitude ; comme à chacun sa liberté d’éponger ses menstruations, il respectait le droit de sa femme de les vider sur une guitare. Après tout, après, quelques jours après, le sang coagulé en cloaques rouges, noirs, pourpres, sonnait toujours très bien.

Lui finissait son bol de lait. Du lait froid, pas un truc tiède et chaud issu de la pie d’une bête ou du sein d’une femme. Un lait industriel issu d’une bouteille pasteurisé ; la seule chose que l’on puisse confondre avec un acte dévot. Il avait du lait plein la moustache, il coulait en gouttes lactées dans sa barbe.

Il se préparait à écrire invisible. Il écrivait dans le dos de sa femme et derrière les paupières de nombreux lecteurs. Il lui avait fallu du temps pour affirmer son style. Pas moins de 222 mots. Ce n’était pas beaucoup avant de trouver son style puis l’écrire là où l’on ne peut pas le lire.

Il fît une pause.

Puis il lâcha une rafale.

Il but un verre d’eau tiède.

Sa femme saignait toujours, maintenant sur la télécommande.

Et il écrivit cela

Continuons de croire que nos peuvent être compris et entendus auprès de ceux à qui nous les dédions et tenons bon. Je sais que c'est difficile, mais je sais qu'il y a des personnes avec qui la compréhension réciproque est effective.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd, #Digression

Repost 0
Commenter cet article