Chiner sa bibliothèque #29

Publié le 29 Septembre 2016

Je n’en finirai donc jamais de dérouler mes butins littéraire rapportés d’un vide-grenier un matin de septembre. C’est un jour qui fût pour moi riche en poésies, en poètes et en poèmes. Toujours l’œil qui interpelle le premier, dans un second temps l’esprit fait son office et fait remonter à la surface des bribes de savoirs, de souvenirs et il comble les larges interstices avec des impressions de déjà vu, des ça me dit quelque chose et autre familiarité qui chasse l’ignorance.

Je vois donc un album, format carré à couverture claire et sur cette couverture un nom qui m’est familier, celui de Paul Eluard, pilier du surréalisme. C’est pour cela que je ne m’étonne pas de voir au centre de la couverture l’illustration d’une demoiselle au corps de plume et en dessous le titre, Grain-d’Aile. Je ne sais rien de ce texte, j’avoue mon ignorance, mais je sais que les grands esprits pensent presque toujours hors des cases et que leurs productions débordent et se glissent dans des formes qui ne sont pas celles pour lesquelles ils sont connus et reconnus.

Grain-d’Aile est un conte, c’est aussi le prénom de l’héroïne qui est légère, si légère que, lorsqu’elle naquit, sa maman s’étonna de ne pas la sentir peser dans ses bras. C’est bien là un conte pour enfant écrit de la main d’un poète surréaliste ; mais l’album devant moi était plus que cela car il était illustré par la main d’une femme, Chloé Poizat. Et je crois que j’aurai reposé le livre sans me décider à en demander le prix si les illustrations ne m’avaient pas interpellé. Difficile d’en parler quand je sais que je peux en partager des images ; j’apprécie le contraste entre une forme de légèreté naïve qui entre en contact avec une forme de réappropriation mutagène qui injecte un sens un peu plus mature. L’alchimie fonctionne et il se dégage de ces illustrations un sentiment d’étrangeté latent juste assez fort pour stimuler la conscience mais bien assez discret pour ne pas phagocyter le texte.

En décidant d’acheter Grain-d’Aile pour un seul modique euro j’ai découvert la prose de Paul Eluard par le prisme une nouvelle forme littéraire (pour moi) et j’ai surtout rencontré un univers visuel et une illustratrice dont j’apprécie vraiment l’univers visuel. Et même si ce n’est « qu’un » conte pour enfant je trouve l’objet livre vraiment superbe et les vide-greniers sont fait pour cela, rencontrer des objets que l’on aurait jamais connu autrement. Exactement comme l’autre livre que dont je vais vous chroniquer la rencontre.

Chiner sa bibliothèque #29

Encore et toujours sur ce même vide-grenier de fin d’été, juste après avoir trouver ma dose de poésie réglementaire, je me penche sur un étale et j’entre en collision avec l’expression intense d’une Marilyn Monroe figée dans une image au grain très fort. Je connais Marilyn Monroe comme tout le monde, comme tout le monde connaît cet icône de la culture bien au-delà de ses films. Et lorsque je remarque la couverture de ce livre j’ai vraiment un intérêt immédiat et vif pour lui ; je ne vais par parler de coup de foudre, mais il est clair que l’expression et le visage de cette Marilyn me touche. Je ramasse donc le livre pour le regarder de plus près. Je n’ai jamais été particulièrement porté par la culte de Marilyn Monroe, mais je reconnais en elle l’érotisme incomparable qu’elle exhale au travers des photos et des films sur lesquels elle apparaît. Le livre s’appelle Marilyn Monroe Fragments poèmes, écrits intimes, lettres, je le feuillette rapidement et je tombe une seconde fois sous le charme de l’ouvrage. Il s’agit comme le titre l’indique, d’un recueil de Fragments rédigés par Marilyn Monroe. La maquette superbe met en scène et en page des facsimilés des documents originaux, sur une page et en vis-à-vis la retranscription en anglais ainsi que la traduction en français.

Des lettres dactylographiées, des mots griffonnés sur le papier à entête d’un hôtel, des textes crayonnés dans un cahier, on navigue entre les traces écrite de l’actrice icône et petit à petit on entre en elle, dans sa tête, son esprit, sa pensée et celle que l’on aime à faire passer pour folle et dépressive, devient plus proche de nous, plus humaine et si ce n’était pas déjà le cas on se prend d’affection pour la sensibilité bouleversante de cette femme. J’ai vraiment eu un coup de foudre immédiat pour l’objet livre et pour ce qu’il représente, c’est cet ouvrage qui à réveillé en moi l’envie d’établir une correspondance à une star nébuleuse pour éprouver la sensation grisante que les mots nous permettent de transcender les distances et les différences pour entrer en intimité avec une personne. La personne voulait 1 euro pour ce livre, je les ai payés très volontiers et je suis rentré avec Marilyn.

C’est ainsi que pour 2 euros je fais entrer deux superbes livres dans ma bibliothèque chinées dont la somme totale dépensée jusqu’à présent pour la constituer s’élève à 57 euros et je ne suis pas sûr de la logique grammaticale de cette phrase …

C’est ainsi que pour 2 euros je fais entrer deux superbes livres dans ma bibliothèque chinées dont la somme totale dépensée jusqu’à présent pour la constituer s’élève à 57 euros et je ne suis pas sûr de la logique grammaticale de cette phrase …

Chiner sa bibliothèque #29
Chiner sa bibliothèque #29

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #videgrenier, #vide grenier, #brocante, #poésie

Repost 0
Commenter cet article