Chiner sa bibliothèque #28

Publié le 28 Septembre 2016

Je ne suis pas sûr d’être encore un poète, je ne suis pas sûr non plus d’être en dépression et je sais en revanche que je ne suis pas alcoolique. Quand à être romantique les avis divergent sur le sujet depuis le temps tendre de mon adolescence. Mais pourquoi est-ce que je raconte cela ? Parce que j’avais envie d’une introduction facile et énigmatique et pour placer en exergue de cette chronique de vide-grenier les qualités d’un poète comme Alferd De Musset. De ce poète jusqu’à présent je ne connais que le nom et sa réputation de dandy décadent, alcoolique, dépressif et poète, à n’en pas douter un homme sensible, romantique et sombre qui sera l’amant de George Sand. Aujourd’hui je vais pouvoir connaître le poète par son œuvre. Il y a quelques semaines lors d’une matinée de chine en vide-grenier, matinée généreuse en poésie,  je me trouve devant une petite caisse de bois où s’entassent de vieux livre. Il est inscrit 1 euro les deux et moi je chine dedans.

Remarquant mon intérêt le vendeur me propose de partir avec la caisse et tous les livres pour 10 euros, je ne doute pas que ça serai une bonne affaire, mais je n’avais repéré que deux ouvrages qui m’intéressaient, du coup je décline son offre mais je me saisi d’un livre écrit par Alfred De Musset (et non Alfred de Batman). Choix de Poésie A. de Musset est un ouvrage édité en 1942 à Paris par la librairie Alphonse Lemerre. Les pages ont été massicotées avec soin par le premier lecteur de ce livre qui est resté malgré son âge en excellent état je trouve. C’est le support parfait pour apprendre à lire la prose de ce romantique de De Musset ; un livre vendu 5 nouveaux francs il y a soixante quatorze ans et acheté 50 centimes d’euros aujourd’hui. Et oui monsieur Livre, le temps passe et le monde change, mais la poésie entre vos pages reste l’intacte et fragile corde sensible qui relie les mondes.

Des mondes il y en a entre moi et le prochain livre que je vais vous présenter, le second ouvrage acheté avec De Musset pour remplir les conditions de l’offre deux livres contre 1 euro. Dans ce second ouvrage il est question de Chateaubriand et d’une pièce de théâtre, Moïse, plus précisément d’une tragédie en vers. Pourquoi y a-t-il des mondes entre moi blogueur et chineur et cette tragédie de Chateaubriand ? C’est parce que l’ouvrage date de 1831. Un livre vieux de 185 ans chiné en vide-grenier pour 50 centimes, ça laisse du temps pour connaître bien des mondes non ? En voyant la date sur la couverture je suis déjà séduit et je prends soin de ranger avec quelques précautions l’ouvrage dans mon sac. Cette fois il n’y a plus de doutes à avoir, j’aime les vieux ouvrages ! 185 années me sépare du moment où ce livre est sorti de l’imprimerie, j’imagine à peine toutes les vies que ce livre à traversées, quels lecteurs se sont plongés dans la pièce, quelles lectrices sont tombées amoureuses de la littérature en laissant glissant leurs doigts fins sur ce papier.

Ce papier c’est justement ce qui m’a immédiatement frappée lorsque j’ai feuilleté le livre c’est le grain du papier. Je ne sais pas si vous avez eu dans votre enfance d’avoir des parents portés sur le travail manuel, j’ai eu cette chance là et il nous ai arrivés quelques fois de faire du papier recyclé avec de vieux journaux. Le papier grossier que nous obtenions à la fin du processus avait un grain qui ressemblait à celui de cet exemplaire du Moïse de Chateaubriand. Ensuite ce qui est marquant dans cet ouvrage de 1831 ce sont les marques laissées par l’impact des caractères du le papier ; laissez courir ses doigts sur la surface délicieusement rugueuse du papier et sentir se dessiner sous ses doigts les formes des caractères frappés est un plaisir qui frôle l’érotisme. Je suis juste furieusement content de rentrer ce livre dans ma bibliothèque chinée ; il est bien évidement qu’il en est le doyen pour le moment. L’ouvrage est sortie de l’imprimerie à peine 19 ans après que Chateaubriand est fini de rédiger la pièce. Oui, c’est vrai, 19 ans c’est beaucoup trop pour utiliser l’expression à peine, mais ramené à 185 ans je trouve ça peu. Et toujours pour un livre de son âge trouvé en vide-grenier et donc conservé dans des conditions moyenne, je trouve que l’état de l’ouvrage est plutôt bon.

Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.
Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.
Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.

Malgré l’âge avancé de ces deux ouvrages le prix dépensé pour les obtenir est modique et la valeur totale de la bibliothèque atteint 55 euros.

Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #videgrenier, #vide grenier, #livre, #brocante

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article