Chiner sa bibliothèque #23

Publié le 15 Septembre 2016

Cette fois c’est la bonne, l’introduction que je voulais écrire hier c’est transformée en article fleuve sur l’avant, sur l’après, et sur le plaisir de mener ce projet. Jusqu’à présent je faisais généralement les chroniques d’entrées de livre dans l’unité de temps d’un vide-grenier, parfois je scindais en deux quand j’avais fais beaucoup d’achats le même jour mais là je vais faire l’inverse. Je réuni quatre achats éparses et je fais ici la chronique de quatre nouvelles entrées, pour cinq livres chinés cet été au hasard d’août ou de juillet et qui, les jours où je les ai trouvés, étaient mes seuls achats de livre.

Pour commencer parlons du livre Réseaux D’ombres de Rémy. Pas besoin d’en dire plus, je crois que tout est dit, tout est là. Mais comme je suis d’un naturel prolixe je vais quand même en dire plus. Ce jour là c’était un grand vide-grenier, beaucoup d’exposant, beaucoup de soleil, beaucoup de chaleur et j’avais déjà fais quelques achats côté jeux vidéo et jouets. J’étais loin d’être bredouille, mais j’avais ce sentiment d’incomplétude de revenir d’un vide-grenier sans un livre pour le projet chiner sa bibliothèque. Je fouinais donc avec plus d’attention dans l’espoir de trouver un ouvrage qui m’interpelle à un bon prix et ce jour là curieusement les vendeurs avaient des prix audacieusement hauts pour des livres. Je fini par tomber sur cette couverture et là directement j’y ai vu un message. Rémy réseaux d’ombres, Rémy, avec un i grecque comme le mien, comme les vrais Rémy. Je ne savais rien de l’ouvrage mais m’étant senti concerné j’ai demandé le prix. Enfin un livre à 50 centimes, un livre que j’ai pu acheter. Sans me faire plus bête que je ne suis avec son titre et ses empreintes digitales bleues et rouges je supposais un roman sur la résistance. Certes, je n’ai pas été non plus très malin puisque j’ai cru que le Rémy sur la couverture faisait parti du titre, non c’était l’auteur, colonel Rémy, héros de la résistance. Je n’ai même pas acheté le livre pour sa couverture, ni pour sa tranche rouge rosie par le temps et l’eau, non je l’ai acheté pour son titre et donc je n’en connais pas le contenu. Pour ce que j’en ai feuilleté ça semble être une forme de témoignage biographique du colonel Rémy.

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Comme vous pouvez le voir Rémy Réseaux d'ombres contient pas mal de code et de documents en plus du texte

Chiner sa bibliothèque #23

Autre jour, autre lieu, mais encore un livre à la tranche rouge. Cette fois un livre de poésie. C’est devenu ma lubie, ma quête et mon jeu, revenir le plus souvent possible avec de la poésie. J’ai du retard à la lecture des classiques et des autres poètes, et maintenant que j’ai fais la paix avec la poésie j’ai plaisir à rattraper ce temps passé à la maudire ou à la détester. Est-ce que Mallarmé est un classique ou un autres je vous laisse seuls juges. Je l’ai un peu étudié à la fac, surtout son poème Jamais un coup de dés n’abolira le hasard qui m’avait laissé un sentiment de sidération positif. J’étais donc en joie de tomber sur du Mallarmé en vide-grenier pour 1 euro. Il s’agit de l’ouvrage Poésies, Anecdotes ou Poèmes, Pages diverses. En feuilletant la page de garde je lis que l’ouvrage ne comporte pas Un coup de dés, c’est une toute petite déception vite oubliée, je dois même dire que ça m’a fait sourire parce que même si Mallarmé est un fameux poète je n’avais lu que ce poème de lui, et me voir notifier noir sur blanc que le seul poème que je connaissais n’était pas de le livre j’y ai vu une amusante ironie.

Troisième ouvrage on change de registre. J’ai acheté un livre qui se nomme Lara Croft les carnets secrets aux éditions Albin Michel. Je ne sais pas s’il faut encore faire les présentations, mais au cas où, les gens voici Lara Croft une des premières icônes du jeu vidéo à dépasser son média d’origine, Lara voici les gens qui n’ont peut-être jamais joué à un de tes jeux Tomb Raider mais qui te connaissent sûrement de nom. La première chose que j’ai regardé en feuillant l’ouvrage c’est son année d’édition, parce que si dans l’absolu je ne suis pas un grand fan des jeux vidéo Tomb Raider je suis plutôt fasciné par les figures de la culture populaire. Et je crois pouvoir dire sans trop faire d’erreur qu’en France Lara Croft est la première figure du jeu vidéo à transcender son rôle de star du jeu vidéo pour devenir durant quelques temps star à part entière, une vedette. C’est à cette époque que Lara Croft personnage devenue star faisait de la publicité pour d’autres produits que le jeu vidéo. En 1998 & 1999 nous pouvions voir Lara Croft nous vendre des voitures Seat. Bien sûr les pubs reprenaient les codes du jeu vidéo mais c’était quand même un signe que l’aura de Lara avait dépassé le cadre de la Playstation. Et justement ce livre date de 1999. C’est ce qui m’a convaincu de le prendre pour 2 euros, il est le témoignage d’une époque et l’on a cherché à créer une personnalité médiatique de toutes pièces à partir d’un personnage de jeu vidéo. Aujourd’hui si l’on veut une starlette bon marché il suffit de piocher dans le vivier de la télé réalité, mais au début du siècle notre société culturelle a piochée dans le jeu vidéo. Le livre Lara Croft les carnets secrets se lit comme un dictionnaire, à chaque lettre sont associés six entrées qui sont autant d’accroches pour de petits paragraphes rédigés comme si Lara répondait elle-même. Les visuels peuvent prêter à sourire, le concept même de faire parler Lara comme une personne peut mettre mal à l’aise tant on se demande quelle était la cible de cette ouvrage, mais si on regarde cela comme une œuvre d’art, une tentative unique dans le temps je trouve ce livre parfaitement intéressant.

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Les poses choisies pour Lara sont toujours assez tendancieuse même si dans le texte Lara dit détester être vue comme un sex-symbol

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Avec ces derniers achats j'ai dépensé 46,4 euros pour la bibliothèque

Un jour mon regard a été attiré par les couvertures noires et mauves aux aspects polardisantes de deux livres assez minces. Je ne connaissais pas l’auteur, je ne connaissais pas les titres mais l’esthétique de la couverture et la quatrième de couv’ assez laconiquement orientée polard m’a poussé à demander le prix. C’était 20 centimes le livre, 40 centimes pour Sous influence et pour Ultime voyage de Christopher Pike. J’ai cessé de réfléchir, j’ai payé et je suis parti. Je pensais avoir acheté de la littérature de gare, du polard de salle d’attente que je comptais mettre aux toilettes et c’est d’ailleurs ce que j’ai fais. D’ailleurs les livres ne sont pas mauvais, et se lisent sans difficultés ; s’il doit y avoir un petit hic c’est que l’auteur, Christopher Pike fait dans la littérature post jeunesse, ce sont donc de bonnes petites histoires tendance noires pour ado, ce qui n’est pas en soi une critique d’ailleurs mais ça explique parfois la minceur de l’intrigue.

Avec cette chronique des retours éparses de l’été je suis presque à jour dans mon projet chiner sa bibliothèque. Il me reste à faire une chronique groupée sur les livres dont vous êtes le héros trouvé tout au long de l’été et une fois que cela sera fait je n’aurai plus que mon dernier vide-grenier à vous chroniquer pour être à jour. Si je suis capable de faire ça dans la semaine c’est guinguette !

En bonus je vous laisse avec les pub Seat où Lara Croft jouait.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #chiner, #bibliothèque, #livre, #brocante, #videgrenier, #vide grenier

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