Pif ; les autres

Publié le 1 Août 2016

Ce qui me manque chez les autres c'est la possibilité que je cherche en eux d'être moi. Pour chaque individu croisé, rencontré, échangé, il y avait mille et un moi qui à qui je renonçais et quelques autres moi que je faisais naître et advenir au réel. Les autres alors dans leur innocence socratique étaient mes accoucheurs et j'aimais cela parce que c'était stimulant. Quelle angoisse, quel stresse, quel trac sous adrénaline quand j'avançais les premiers pas d'un nouveau moi à la rencontre d'une nouvelle personne ; tissage d'équilibre et d'audace comme le timide qui se souvient toujours des premières paroles qu'il parvenait à bredouiller hors de lui à l'encontre d'un ennemi, d'un possible ami et d'une improbable fille aimée. Et puis cela cesse, nous sommes entourés de la même façon que le RAID cerne les terroristes avant la fin dans les tirs de sommation qui font mouche au visage. Un jour c'est fini nous avons nos relations qui nous définissent. Elles nous définissent et c'est fini.

 

Je suis mort.

 

Je ne veux pas devenir celui qui est celui qu'ils pensent que je suis. Je ne veux pas être plus qu'une seule personne. Je ne veux pas choisir et ne rien renier.

 

Je veux encore des inconnues et des rencontres qui sont les ouvrages vierges que j'ouvre à moi comme un cahier brouillon où cracher une ébauche de ce que je peux être, débauché notoire et délicieux dans l'ombre. Je ne suis pas assez vieux pour mourir, choisir et déchoir de mes espoirs. J'aspire à un horizon déchiré.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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