Chronique de jeux olympiques

Publié le 12 Août 2016

Faut-il encore que je m’astreigne à écrire sur les jeux olympique tant mes chroniques olympiques sont médiocres ? J’ai un doute pourtant je persiste parce qu’à chaque journée de ces derniers jeux olympiques je pars loin ; un voyage en arrière dans le temps de mes souvenirs, un voyage intérieur dans l’ADN de mes souvenirs familiaux, un voyage en émotion parce que je suis un homme au cœur de pierre qui pourtant s’émeut par la dramaturgie olympique. Oui, et puis je persiste aussi parce que je me suppose fidèle à des obsessions archaïques et ces jeux de Rio sont ma pierre d’un Sisyphe athlétique qui pousse sa charge minérale dans un stade antique.

Et puis si je dois m’arrêter d’écrire sur les jeux olympiques je le ferai seulement après avoir écris sur Michael Phelps parce que si le champion était déjà grand avant ces jeux, à Rio il était sa légende de héros immortel, immémorial et infini. On peut compter ses médailles d’or, ses titres olympiques, compter sur les doigts de sa main le nombre de jeux olympiques auxquels il a participé et rajouter quatre années entre chaque doigt pour réaliser l’envergure de ce héros. Cette nuit ce n’est pas cinq mais quatre doigts que Michael Phelps montrait, il ne comptait pas ses participations aux jeux olympiques mais il affichait le nombre de titres olympiques consécutifs qu’il a remporté sur le 200 mètres quatre nages. Cet homme possède le palmarès d’un héros, car s’il a gagné 22 médailles d’or il en a remporté 13 dans des épreuves individuelles dépassant ainsi l’athlète antique Léonidas de Rhodes qui avait rapporté 12 titres durant les jeux antiques environs deux cents ans avant le début de notre ère. Battre un héros antique devenu demi dieu, il n’en fallait pas moins pour un tel héros moderne.

Et Si Phelps est beau, s’il est grand, si chaque nuit je m’émeus pour lui alors que j’avais été moins porté par son exploit à Londres c’est parce que Michael Phelps est entré dans son crépuscule. Comme tous les héros il a connu la gloire, il est descendu de son piédestal allant jusqu’à goûter aux enfers après avoir décidé de mettre fin à sa carrière et comme tous les héros il est revenu de son enfer personnel et de nouveau il gagne, il souffre et il gagne et moi au petit matin lorsque je vois ce champion éprouvé par l’effort, les yeux mouillés sur le podium moi aussi je mouille les miens. Il a su revenir et gagner en champion crépusculaire aux sensations humaines, douleur, souffrance, épreuves et l’émotion de la victoire comme au premier jour.

Et si la plus part des champions crépusculaires finissent leurs carrières avant d’entrer dans une nouvelle vie, Michael Phelps va terminer la sienne pour entrer dans la légende ; une légende universelle, celle des athlètes qui transcende leur condition et leur sport pour s’incarner dans la culture populaire infinie et immortelle. Et je pourrais écrire des pages et des pages sans parvenir à instaurer une langue qui soit à la hauteur de sa légende ; comme tous les petits journalistes je ne fais que paraphraser une langue universelle qui nous dépasse tous. Mais j’avais envie que ma prose même médiocre puisse prendre le temps de rendre hommage à cette légende qui s’écrit. C’est un modèle pour tous les auteurs qui rêvent je n’en doute pas de rédiger eux aussi des légendes ; un jour peut-être j’aurai la verve pour esquisser un héros moderne qui connaisse l’état de grâce mais avant cela je roule en boule dans cette émotion qui me monte lorsque Michael Phelps plonge dans l’eau.

Michael Phelps 2014

Michael Phelps 2014

Micheal Phelps 2016

Micheal Phelps 2016

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sport, #Sidération, #Jeux olympiques

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Commenter cet article

nicole 12/08/2016 18:43

ne t’arrêtes pas d’écrire tes chroniques sur les jo, on en a besoin tu mets les mots justes, là ou il faut