Chronique de jeux olympiques

Publié le 11 Août 2016

La fin n’est pas la vieillesse, et si la fin est belle c’est qu’elle est crépusculaire ; les êtres rougeoient dans l’immense intensité de ces derniers instants avant que le soleil ne bascule entièrement de l’autre côté de l’horizon. Durant ces jeux olympiques de Rio j’ai la sensation que l’équipe de France est crépusculaire ; il n’y a pas un jour, un sport, une interview durant lequel un athlète emblématique ou grand de son abnégation déclare après sa défaite ou sa victoire la fin de sa carrière sportive. Durant un instant ils rougeoient discrètement avant de basculer de l’autre côté de l’horizon sans sport comme aujourd’hui Fred Bousquet dont le sourire après son élimination brûle rouge comme un dernier soleil ; j’en ai de la nostalgie plein les yeux. Non pas que je sois supporter de l’homme ni même amateur du personnage, pourtant son émotion me remplie, je suis une piscine olympique de l’émotion des autres ; pourquoi les sportifs ? Je ne m’étais pas posé la question avant cette ligne, mais je crois qu’il y a dans le sport et dans l’écriture un trait commun finalement assez évident : l’abnégation. Étant porté par une forme de cette abnégation solitaire et douloureuse, je crois que je m’émeus avec eux par complicité implicité de l’expérience de cette douleur digne génératrice d’émotion comme le soleil qui se couche, comme la lune qui se lève – jamais comme un soleil qui se lève moment qui cristallise toute ma détestation –.

Quoi qu’il en soit, foutre bien bas le décompte des médailles, chaque jour l’équipe de France devrait décompter ses retraites, merveilleux ou maudis, nous devrions les compter, un à une, et rendre hommage à ce qu’ils ont investis de leurs vies pour qu’une poignée de fan et de téléspectateurs puisse se délecter de leurs crépuscules sportifs. Escrime, judo, natation, aviron, et certainement d’autres que j’oubli et puis ceux que j’ignore, notre délégation française n’est pas venue gagner des médailles, elle est venu tirer sa révérence ; une révérence diffractée, diluée dossard par dossard. Moi, le cœur éponge de la transcendance inutile qu’opèrent les acteurs volontaire de l’abnégation sportive je distille quelques gorge serrées et quelques regards humides quand j’apprends qu’untel ou untelle tir sa révérence sportive.

Mais où se trouvent les perles de demain ? Qui sont les petites génies et les petites géniales qui feront vibrer nos âmes de supporter en 2024 ?

 

Chronique de jeux olympiques

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #jeux olympiques, #Sport

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