Poésie & sorbet citron vert

Publié le 13 Juillet 2016

Il y a comme une odeur de disette disait la fille en rouge, celle qui portait des couches culottes perchée sur ses hauts talons et sa pudeur vacillante.

Elle fumait une cigarette, levant haut le coude comme pour singer un battement d’aile à chaque fois qu’elle tirait une bouffée de fumée blanche qu’elle relâchait de sa bouche démente.

Pour allumer cette modernité venue d’un temps de noirs et de blancs elle portait un tailleur qui moulait fort ses fesses, comme le cul nucléaire d’une secrétaire sectaire.

Porter une couche sous un tailleur collant à sa chaloupe, c’était une folie relevant de l’audace pour celle qui aspirait à l’anonyme distinction des invisibles parmi ses pairs.

Mais la demoiselle était habituée au désagrément des collants mouillés quand elle décidait de soulager la géographie hydraulique de sa vessie directement dans sa culotte.

C’est que sa boussole intime souvent perdait  le nord, elle longeait alors des territoires étroits où elle entrait dans des tripots humides et suaves pour à la roulette faire grandir sa cagnotte.

La secrète jubilait de l’instant durant lequel elle pouvait enfin se vider sans risque le courroux des regards et le sourire lui refoulait la honte au visage.

En récompense dans un instant la mignonne s’offrira une glace dans un pot de porcelaine blanche, glace vanille et morceaux rouges de fraises juteuses dans sa bouche de petite fille revenue sage.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #poésie, #érotisme

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chemise rose, mocassins marines 14/07/2016 00:13

Poésie. Ceci est un blog de poésies. Rémy est un poète avec un filet de citron et une pointe d'estragon. Vert. Un geste, un prix. Un carpaccio à volonté, sans les câpres ni les coprins noir d'encre. L'ancre au citron, comme les mots ado ou à dos, des petites lumières.