Chiner sa bibliothèque #15

Publié le 21 Juillet 2016

C’était le quatorze juillet, le matin, avant que la nation défile aux rythmes des défilés militaires, quelques heures avant que le peuple ne se drape de deuil dans l’apothéose d’un acte de barbarie. Au petit matin de ce jour férié c’était pour moi le moment de faire un vide-grenier et de poursuivre mon projet de chiner sa bibliothèque. J’étais arrivé tôt, avec le soleil, la rue centrale du village était fermée et les exposants commençaient vider voitures et greniers. J’aime ce moment là.

Je me penche sur le premier stand je me penche parce qu’au milieu de livre en anglais j’ai repéré deux auteurs qui me plaisent, Jacques Prévert et Paul Eluard, deux poètes perdus au milieu des romans. De Jacques Prévert je trouve Paroles, le recueil de ses poésies, un morceau de choix pour cet auteur du XXe siècle. De Paul Eluard je trouve Capitale de la douleur autre recueil de poésie d’un autre auteur phare de XXe siècle. Je me suis longtemps tenu à distance raisonnable de la poésie, la regardant avec méfiance et défiance, lui reprochant tour à tour d’être mécanique et trop facile. Et puis, à mesure que je me suis essayé à en écrire – avec sincérité et honnêteté poétique – je me suis mis à apprécier la lire et je suppose mieux estimer les poètes. Pourtant, encore, quand on lit Paul Eluard il faut s’accrocher à son sens critique pour ne pas sombrer dans la moquerie tant parfois la prose du poète peut sembler triviale ou légère. Je l’avoue, je suis encore trop tendre pour me faire défenseur des surréalistes poètes aussi fort que je peux défendre ceux des pinceaux. Et puis, pourtant, parfois, en feuillant un recueil on tombe sur un poème de Prévert qui s’échange en famille de génération en génération et soudain le poète que l’on aurai pu moquer nous touche le cœur pour l’ouvrir ou le serré, qu’importe, il touche à notre part sensible et c’est tout ce que je lui demande.

Bien content de trouver ces deux livres, je demande leurs prix et mon bonheur grandi quand les personnes me répondent 20 centimes pièces. Débourser 40 centimes pour deux œuvres poétiques c’est le plaisir consommé de la chine en vide-grenier ; la sensation de faire pour soi la belle affaire et d’avoir à faire au bel objet de la littérature. À ce prix là les livres sentent la scolarité, le bac français enfin fini et la lycéenne soulagée de se débarrasser des deux objets de sa torture. Ce sont d’ailleurs deux éditions récentes qui comportent chacune le texte intégral et un dossier permettant au lecteur d’approfondir sa connaissance et sa compréhension de l’œuvre.

Paroles de Jacques Prévert, Capitale de la douleur de Paul Eluard, à peine 40 centimes déboursés et moi je commençais ma journée en me réjouissant de m’être levé si tôt.

 

Jusqu’à présent la dépense totale pour mon projet chiner sa bibliothèque est de 25,10 euros
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Rédigé par Monsieur C

Publié dans #livre, #chiner, #bibliothèque, #brocante, #videgrenier, #vide grenier

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