D'un à deux les images jonglent

Publié le 20 Juin 2016

Il y a des hommes et des femmes qui pensent que sortir un appareil photo durant un rapport sexuel c’est ouvrir l’œil d’un Caïn voyeur, et nécessairement pervers, qui nous guette depuis sa tour babélienne constituée d’une agglomération de morales branlantes. Mettre son corps et ses rapports sexués avec le corps de son ou sa partenaire dans une focale visuelle serai selon eux la porte ouverte à un abîme de culpabilité ; parce que même si nous vivons dans une société de l’image où le peuple voue un culte forcé à l’image dictatrice mettre sa sexualité dans la perspective d’une image sonne comme un tabou ancien, je veux dire archaïque. 

Pauvres fous, pauvres folles, ils sont entrain d’ignorer que notre sexualité est à notre image, c’est un animal vivant, vivace et visuel, notre sexualité, comme nous, connait des pulsions scopiques car ce qui se montre et ce qui se dévoile, ce qui sort de l’ombre de la pudeur et des morales anciennes fait simplement acte d’existence. Se faire voir, se montrer, c’est simplement affirmer son être aux regards des autres. 

Je ne jette pas mes foudres sur les pudeurs légitimes qui charment le mystère en fermant à clef le cadenas des jardins secrets en sachant pourtant qu’autrui viendra toujours coller son œil à la fente du verrou ; je respecte la nature de ceux qui préfèrent s’aimer et se baiser cachés. Je ne suis pas un ayatollah de la transparence, même pas celle des culottes et des dessous, mais je suis un esthète des corps qui se montrent, de la sexualité qui se déploie comme une vague visuelle. 

Très souvent nous vivons dans l’ombre du porno, parce que la crudité qui s’est imposée en règle principale de la pornographie des années 2000 porte en soi le paradoxe d’être sale ; le porno sans filtre, sans poile, dans les lumières crues d’une baise calibrée qui cherche à incarner une idée névrosée de l’eugénisme sexuelle et il semble vouloir chasser le sale et la souillure mais dans une ironie qui n’est pas sans saveur pour la doxa la pornographie c’est sale ; et par extension créer des images sexuées et sexuelles de nos rapports entre pour les yeux chastes de la doxa dans le cadre de la pornographie et donc de la souillure.

Idiots qu’ils sont, nos corps nus qui baisent ou font l’amour ne sont pas pornographiques, ce sont nos corps, dans l’acte de notre sexualité, c’est peut-être narcissique ou égotique mais ce n’est pas sale. Moi je trouve ça sublime, je suis séduis et excité par la femme qui décide de son chef de se dévoiler et de fixer son dévoilement sexuel dans une photographie. Je ne trouve pas cela pornographique, c’est simplement un jeu, partenaire et partenaire.   

 

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Sexualité

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