J'écris

Publié le 11 Mai 2016

Est-ce que je suis malade d’écrire ? Non je vis, je n’écris pas mais je vis, ma vie, et l’on ne peut pas être malade de vivre ; ou alors c’est tout en spleen et ce n’est pas mon idéal. Qu’est ce que je fais de ma vie ? J’écris et je ne suis pas fou, puisque je vis ma vie à l’envie et de l’intérieur ; et j’écris des livres qui existent avant tout dans mon crâne, c’est là que je cris en silence les brouillons de sous culture où bouillonne ma culture pop. Je ne suis pas un pape, mais un coq en pâte avec un harem de livres mort-nés en gestation dans la poche gastrique de mon cerveau. Mes mots je les régurgite régulièrement en noir & blanc. Je suis un auteur mort-né qui frôle la bordure marginale des bordels de rues, je descends souvent les signes de ponctuation parce que j’aime éructer en secret le rythme narcissique de ma prose bancale, c’est banal, comme de sortir sa queue pendant une bacchanale au lieu d’écrire des livres qui ne finiront jamais dans les anales du bac. Je ne suis pas malade d’écrire, j’ai juste besoin d’une césarienne limbique pour m’aider à coucher mes mots sur de papier d’éditeur. Je n’ai pas peur mais je fais taire mes mots sous le couvercle de fer d’une paresse pudique, d’une pudeur qui me voile comme la femme dénudée qui ne sait pas se complaire dans sa complète nudité.

Pour qui je parle ? Pour moi.

Pour qui j’écris pour moi.

Non je ne suis pas fou, et je ne parle jamais seul. Pourtant depuis sept ans bientôt je n’écris que pour moi, comme un solo de jazz ou une saillie masturbatoire.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #Je est un Blog

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