Comment fait la brindille pour s’échapper du fleuve ?

Publié le 14 Mai 2016

Comment est-ce que l’on accouche de soi ?

La question est socratique, idiote et porteuse de son propre lieu commun.

Pourtant.

Comment est-ce que l’on accouche de soi lorsque l’on a perdu l’instinct de le faire, lorsque l’on a prit pour habitude de s’inonder la cervelle de stimulus en tout genre pour noyer l’animal primitif en soi.

Oui, comment parvenir à écrire de nouveau lorsque l’on n’est plus qu’une infinie fuite en avant qui ne sait même plus à quoi elle veut échapper.

Mais je ne suis pas une fuite, je ne suis pas en avant, parce que dans en avant il y a de l’avant-garde et que je donnerai tout pour être dans l’avant-garde. Mais je ne garde rien. Je n’avance pas. Je ne suis pas une fuite, je suis une brindille prise par les flots d’un fleuve qui m’emporte.

Nous en sommes tous là, c’est à cette bitte probatoire que je me raccroche. Mais je n’ai jamais accepté la norme comme une excuse. Je ne peux pas me ranger sous la houlette du nombre pour justifier ce que je n’accepte pas.

Alors peut-être que nous en sommes tous là, mais je vois et j’admire ceux qui n’en sont pas là qui par leurs présences rappellent à ma conscience l’amertume d’être où je suis.

Ici et nulle part. Même pas ailleurs.

Alors je le répète, comment fait-on pour s’accoucher soi-même, alias comment fait la brindille pour s’échapper du fleuve ?

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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