Dialogue d'usine

Publié le 4 Avril 2016

- Bonjour, voyez-vous la colonne de fumée qui monte vers le ciel ?

- Oui.

- Et bien cette colonne c’est la fumée qui s’échappe de mon esprit. Il n’y est pas brillant, pas particulière chaud, mais il est en fusion. C’est la perpétuelle activité, matin et soir et le midi et le reste, au toilette et au lit, en voiture, sous la douche, au four et au fourneau et même dans le moulin du sexe.

- Tu veux dire toujours ? Tu veux dire vraiment tous les jours ton esprit s’active ?

- Oui, tout le temps, comme une usine qui où des ouvriers sous payés se relayent pour faire les trois huit, ou comme une usine chinoise où des enfants travaillent et vivent sur place pour nous refourguer des baskets ou des smartphones. C’est donc un sacré boxon, bruyant et branlant comme une usine qui tabasse le dos des ouvriers courbés.

- Elles devraient se syndiquer tes idées non ?

- Non, mes idées elles s’en foutent de s’organiser pour lutter contre le chaos sur lequel mon cerveau capitalise. Mes idées sont des putains anarchistes incapables de coopérer. Elles se tirent la bourre pour savoir laquelle sera la meilleure.

- Et alors, laquelle l’emporte ?

- C’est le problème, je fume comme une usine et dès que j’ai la tête tournée elles se barrent d’ici ; directement j’leur colle un blâme pour abandon de poste.

- Est-ce que ça marche ?

- Non.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Dialogue de sourd

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