Acheter, payer ou vivre

Publié le 2 Avril 2016

Acheter, consommer, collectionner, posséder, s’asservir ou se libérer je n'ai encore jamais réussi à régler la question. Je veux dire la régler à hauteur personnelle, je ne vais pas penser contre la liberté d'autrui, seulement j'éprouve des sensations contraire devant l'objet et son rapport à lui étant conflictuel je sais qu'il est matière à réflexion.

 

Dans cette société qui fonde son avenir sur la croissance et la consommation répondre à la question de l'achat et de l'accumulation me semble nécessaire, tout du moins se poser la question.

 

Consommer m’octroie une sensation d'appartenance à un groupe social défini par l'objet de l'achat et plus largement à la mécanique générale de la société.

 

Revendre, jeter, donner les choses que je possède m’octroie indéniablement un sentiment de la libération et de liberté.

 

Observer les collectionneurs, les accumulateurs dans un domaine précis me fascine et parfois je jalouse cette pulsion qui semble transcender leur raison en les poussant toujours plus loin dans la quête d'objets.

 

Qui je suis permis eux ?

Qu'est ce que je suis avec ça, ces choses que je désir posséder et dont je suis heureux de me libérer ?

 

Et il y a ce que je disais hier sur la poésie, le fait que bricoler est l'acte poétique par essence, créer par soi même, avec la maladresse et l'imperfection inhérentes à un geste humain. Créer c'est s'affranchir d'acheter. Bien sûr il va falloir acheter la matière première, mais la récupération peut s'affranchir de cela.

 

Créer est il alors un geste de résistance ? Si tel est le cas, de résistance à quoi ? Faudrait-il réprouver l'acte d'achat comme on cherche à jeter l'opprobre sur le client de la prostitution ? Est-il honteux d'acheter ? Sûrement que je le pense dans la mesure où l'on achète ce que l'on aurait pu créer. Ou alors c'est sûrement ce que je pense dans la mesure où l'acte d'achat est un geste d'angoisse qui tend à faire taire un sentiment indiscret de pulsion de vie.

 

Je ne suis pas sûr pourtant d'être d'accord avec moi. Cette pensée est trop brute pour être ressemblante à mon avis. Mais il est sûr qu'il est avant tout question de vie, d'angoisse et d'expression et d'une équation où l'acte d'achat est une donnée variable parmi les autres.

 

Acheter pour se sentir vivre avec les autres est un échec et une soumission regrettable et détestable.

 

Savoir acheter le nécessaire, l'essentiel, son plaisir dans un geste mesuré est une qualité.

 

La lutte de l'individu ne doit pas être aveugle. J'aime la déraison et c'est sûrement pour cela que j'aime les collectionneurs qui compulsent les objets d'un domaine jusqu'à à épuisement du sujet, de l'argent ou de la passion. J'aurai aimé être ainsi parce que je n'aime pas être raisonnable mais je voudrais savoir vivre sans que cette sensation dépende de l'argent dépensé pour les objets désirés et payés. Je voudrais que mon sentiment d'existence soit dépendant d'un geste créatif et non commercial. Mais au fond j'aime me reposer parfois sur l'idée que je suis un peu le mouton du troupeau qui paie sans compter son crédit d'existence.

 

Sauf que je veux être un résistant un exemple qui puisse vivre sans être créditeur d'une mécanique que je rejette.

 

Je suis un être paradoxal, pauvre adossé à la vie et à ses idées ; enfin si je dis pauvre et adossé c’est pour l’allitération et la mimétique sonore avec paradoxal.

Acheter, payer ou vivre

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion

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