Voilà pourquoi j'écris sur des femmes qui pissent

Publié le 11 Mars 2016

Les écrivains sont toujours, … je commence ce texte comme un lieu commun … ils sont tous, … je ne déroge pas du cap qui me conduit à enfoncer des portes ouvertes … de grands pervers. … et là je me cache derrière LES écrivains alors que je ne parle que de moi … nous aimons avoir le contrôle sur nos personnages ; et moi j’ai l’omniscience du glauque. J’aime quand mes personnages naissent et meurent dans le cloaque de leur humanité. Je n’aime pas les monstres ni les personnages qui pourraient être des radicaux anormaux.

Ce que j’aime ce sont les personnages non-normaux, des personnages normaux que je confronte à l’indigence de leurs propres outils d’existence et que je regarde gesticuler révélant ainsi la fragilité de ce que l’on suppose être le socle de leur humanité. J’aime les fluides corporels, la souillure quand elle est transgressive. J’aime par exemple quand ça sent la pisse. Oui j’aime les personnages qui urinent, c’est idiot mais je trouve cela révélateur.

C’est pour cela que j’aime écrire des hommes qui pissent dehors, debout, les pieds sur la à terre et tête haute vers les étoiles parce que l’homme qui urine hors des lieux dédiés c’est un maillon idéal entre dieu, c'est-à-dire le ciel et puis le monde, c'est-à-dire le monde. Le mâle qui pisse est un liant nécessaire pour unir le spirituel et le corps.

Et j’aime les pisseuses, ce n’est même plus un goût d’écrivain c’est une obsession parce que je vois dans la figure de la pisseuse une muse transgressive. Ce n’est pas exactement une obsession, c’est plutôt une réponse. Les femmes et la société souvent jouent avec le discourt selon lequel les femmes ne font pas pipi ; c’est une figure de style acceptée des femmes elles-mêmes de la pudibonderie moribonde qui inhibe le monde. Alors écrire des pisseuses, écrire des femmes qui pissent, qui urinent, volontairement libres où elles le sont, accidentellement confrontées à l’abandon et à la présence du corps, écrire des pisseuses c’est mon sacerdoce, une dose de plaisir régressif, une part de fantasme et tout le reste de convictions métaphysiques.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #pisseuse, #Je est un Blog

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